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16 octobre 2012 2 16 /10 /octobre /2012 08:20

claudegueuxClaude Gueux, dont le seul nom évoque Les Misérables et annonce avec trente ans d'avance l'immense Jean Valjean, était un pauvre diable, sans doute une crapule. En 1831, condamné pour vol à huit ans de prison, harcelé par son gardien-chef, il assassine celui-ci à coups de hache. On l'a poussé au crime, il le jure. Ses codétenus le soutiennent. Ses juges l'envoient néanmoins à l'échafaud. De ce sordide fait divers et de ce procès, Hugo va faire le plus violent et le plus passionné des réquisitoires. Contre la peine de mort d'abord, que cet ouvrier, ce damné de la terre ne méritait pas. Contre une société inhumaine ensuite. " Le peuple souffre, le peuple a faim, le peuple a froid. La misère le pousse au crime et au vice. " Ouvrez des écoles, vous fermerez les prisons. Hugo invective, il hurle son indignation. Et plaide pour la noblesse de l'être humain.

 

Claude Gueux, Victor Hugo, un classique de la littérature, une lettre aux élus, un cri de désespoir, un récit en avance sur son temps, toujours d'actualité malheureusement dans certains pays où la peine de mort est toujours en vigueur.
Claude Gueux est l'histoire d'un homme d'une trentaine d'années, Claude, un gueux. Pour nourrir sa femme et sa fille, il vole et écope de cinq de prison. Mais en prison, à force d'avoir faim, il tue. Le voici maintenant condamné à la peine capitale.
Ce récit est réel, vivant, étonnant. Victor Hugo dresse là un constat alarmant. C'est la société qui crée la délinquance, le vol, le meurtre. Et aussi, il lance un cri, un cri de désespoir, aux hommes qui condamne les assassins en les assassinant. Claude Gueux est l'histoire malheureuse et bien réelle d'un homme intelligent, solide et travailleur, bon dans l'âme, poussé au vol pour pouvoir manger. En un mot, donnez leur du charbon et du pain pour que les hommes soient paisibles et que les femmes ne se donnent plus au plus offrant.
Ce récit est suivi de quelques chapitres de la vie de Jean Valjean, lorsqu'il sort du bagne, après dix-neuf ans de souffrance, pour un vol commis et quelques tentatives d'évasion. La société, encore ici, ne crée-t-elle pas un délinquant. Elle nous montre un homme rejeté, qui a faim, qui est fatigué, qui ne souhaite que dormir et manger, et qui est poussé dans les limites de l'inacceptable. Sans la bonne oeuvre d'un curé, qu'aurait-il fait finalement ? Voler, peut-être même tuer.
Victor Hugo, ici, en deux courts récits, fait état de la mauvaise société, celle qui invente des lois pour réprimer ce qui ne peut être réprimer, la misère.
Un classique poignant, le récit d'un misérable bien avant Les misérables.
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26 août 2012 7 26 /08 /août /2012 08:18

lepetitprinceLe premier soir je me suis donc endormi sur le sable à mille milles de toute terre habitée. J'étais bien plus isolé qu'un naufragé sur un radeau au milieu de l'Océan. Alors vous imaginez ma surprise, au lever du jour, quand une drôle de petite voix m'a réveillé. Elle disait : - S'il vous plaît... dessine-moi un mouton ! - Hein ! - Dessine-moi un mouton... J'ai sauté sur mes pieds comme si j'avais été frappé par la foudre. J'ai bien frotté mes yeux. J'ai bien regardé. Et j'ai vu un petit bonhomme tout à fait extraordinaire qui me considérait gravement.

 

Le Petit Prince est l'histoire d'un petit garçon, prince d'une petite planète, qui arrive sur Terre. Il rencontre le narrateur dans le désert, qui s'est perdu avec son avion, et lui raconte son voyage.
J'ai le souvenir de l'avoir lu il y a presque trente ans, en CE2, et malgré toutes ces années, des dessins qui illustrent ce livre, ou encore certaines phrases, sont restés dans ma mémoire, tellement l'histoire est magnifique et pleine de sagesse. C'est avec plaisir que je me suis replongé dans cette nouvelle pour enfant et que j'y ai découvert de nouvelles choses, des choses qu'un enfant de huit ans ne pouvait pas voir, ou alors c'est qu'elles lui paraissaient naturelles ces choses, et que maintenant, adulte, je redécouvre.
Le Petit Prince est un récit, devenu un grand classique, et que de temps en temps, il serait judicieux de relire pour retrouver le sens de ce qui est important. Avec beaucoup de philosophie, ce narrateur rêve sûrement de ce Petit Prince, ou peut-être a t-il des hallucinations, et alors qu'il est proche de la mort, n'arrivant pas à réparer son avion pour repartir, après plusieurs jours sans boire, il se rend compte que sa course vers ces objectifs, ceux que tout le monde se donne, sont certainement faux, l'argent, le pouvoir, le matérialisme, et il prend conscience de la futilité de ses prétentions. La leçon est importante, la morale de cette histoire est finalement toute simple, et pourtant oubliée. L'individualisme est encore plus fort certainement aujourd'hui qu'à l'époque de l'écriture du Petit Prince et aujourd'hui, plus qu'hier, cette nouvelle est nécessaire pour réapprendre que l'essentiel, l'amitié, l'amour, ne se voit pas.
A lire, à relire, à rerelire... toujours... un chef-d'oeuvre magnifique.
Je remercie Livres pour tous qui propose des classiques au format Ebooks gratuitement.
"L’essentiel est invisible pour les yeux."
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21 août 2012 2 21 /08 /août /2012 08:41

laiguillecreuseÀ quarante ou cinquante mètres de cette arche imposante qu'on appelle la Porte d'Aval et qui s'élance du haut de la falaise, ainsi que la branche colossale d'un arbre, pour prendre racine dans les rocs sous-marins, s'érige un cône calcaire démesuré, et ce cône n'est qu'un bonnet d'écorce pointu posé sur du vide !
Révélation prodigieuse ! Après Lupin, voilà que Beautrelet découvrait le mot de la grande énigme, qui a plané sur plus de vingt siècles ! Mot d'une importance suprême pour celui qui le possédait jadis, aux lointaines époques où des hordes de barbares parcouraient le vieux monde ! Mot magique qui ouvre l'antre cyclopéen à des tribus entières fuyant devant l'ennemi ! Mot mystérieux qui garde la porte de l'asile le plus inviolable ! Mot prestigieux qui donne le pouvoir et assure la prépondérance !

 

Arsène Lupin, dans cet épisode, manigance un cambriolage pour récupérer des toiles. Touché par un coup de feu tiré par une jeune femme alors qu'il s'enfuyait. Les recherches ne donnent rien malheureusement. Mais un jeune homme, Isidore Beautrelet, un être intelligent, découvre comment Arsène Lupin vint à s'enfuir. S'engage alors un vrai combat entre les deux hommes.

Ce roman d'Arsène Lupin est une confrontation entre le héros cambrioleur et un adolescent talentueux. Arsène Lupin qui ose tout et réussit ce qu'il entreprend face à un gamin sans expérience sachant utiliser sa tête. On pourrait presque penser qu'Isidore Beautrelet pourrait devenir le futur Arsène Lupin.

Avec une écriture très fluide et facile, Maurice Leblanc propose ici de nouvelles aventures de ce gentleman cambrioleur, mais cette fois-ci le personnage principal ou plutôt le héros, n'est pas Lupin, mais un adolescent qui possède une grande intelligence au point d'arriver à contrer les plans du voyou. Faire ressortir les qualités de Lupin en ne les traitant que par procuration avec un personnage différent est une astuce de l'auteur ingénieuse.

L'histoire quant à elle démarre sur une enquête et prend une tournure complètement différente qui lui donne plus de profondeurs et laisse le temps au lecteur de faire connaissance avec les personnages.

Un classique qui ravira les amoureux d'Arsène Lupin.

Je remercie Livres pour tous qui propose des classiques au format Ebooks gratuitement.

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5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 08:57

professeurLe professeur Challenger est le plus extraordinaire de tous les personnages inventés par Conan Doyle : une tête de taureau assyrien barbu posée sur le corps d'un homme des cavernes en veston. Toujours beuglant et grondant, il boxe les journalistes passant à sa portée, traite ses confrères d'ignorants timorés, insulte même notre système solaire. Ce « soleil de troisième ordre traînant une racaille de satellites vers une fin misérable".

 

Ce roman de Arthur Conan Doyle est une aventure du Professeur Challenger. Ce professeur est un personnage méconnu de l’œuvre de cet auteur mais reste néanmoins intéressant.

Dans ce roman, le professeur Challenger n'est pas le personnage principal. Malone et sa fille Enid Challenger, journalistes, enquête sur l'existence du paranormal. Avec un esprit ouvert et objectif, ils partent à la recherche de médiums et d'esprits. Leur objectif étant bien sûr un article complet sur ce domaine qui peut paraître ridicule, à la réputation douteuse à cause des charlatans qui le polluent de leurs escroqueries.

De fil en aiguille, Malone et Miss Challenger sont confrontés à différents cas, et surtout à l'entêtement navrant du Professeur Challenger.

L'écriture de Conan Doyle est légère. Le roman se lit avec un facilité déconcertante. Bien sûr, des termes et des tournures de l'époque se retrouvent dans le texte mais ne sont en aucun cas gênants. Cette lecture pourrait très bien plaire à des adolescents, tellement elle est aisée.

L'histoire démarre sur une enquête des plus banales que fait un journaliste pour finalement se confronter à un homme à l'entêtement aussi puissant que l'est son intelligence. Certains passages sont comiques, d'autres agaçants. La quête de vérité de Malone et Enid face à des interventions relatives au fantastique font de ce roman un mélange savoureux entre la vieille Angleterre matérialiste et le paranormal.

Finalement, l'auteur nous propose un roman léger qui ravira les amateurs de littératures classiques.

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24 juin 2012 7 24 /06 /juin /2012 08:50

lametamorphoseLa Métamorphose révèle une vérité méconnue, les conventions disparaissent, les masques tombent. Le récit qui porte ce titre est un des plus pathétiques et des plus violents que Kafka ait écrits ; les effets en sont soulignés à l'encre rouge, les péripéties ébranlent les nerfs du lecteur. C'est l'histoire, «excessivement répugnante», dit l'auteur, d'un homme qui se réveille changé en cancrelat. Cette transformation est un châtiment imaginaire que Kafka s'inflige. Et son personnage est celui qui ne peut plus aimer, ni être aimé : le conflit qui se déroule dans une famille bourgeoise prend une ampleur mythique. Seuls quelques éléments comiques ou grotesques permettent de libérer de l'oppression du cauchemar.

 

La métamorphose est le récit, une nouvelle d'une centaine de pages, de Gregor Samsa, honnête travailleur, qui soutient financièrement sa famille suite à la déconvenue de l'affaire commerciale de son père, et qui un matin se sent différent, malade. C'est le premier jour de sa transformation en un insecte répugnant.
Kafka nous propose ici un texte d'une grande originalité, écrit avec une grande justesse, une fluidité et une légèreté extrêmement bien travaillée, faisant de cette nouvelle un plaisir rare de lecture.
Cet auteur et ses textes ont été le sujet de maints études. Celle qui suit est courte, rassurez-vous, et manquera peut-être d'originalité par rapport à d'autres travaux déjà réalisées.
Ce Gregor Samsa a avec sa famille des liaisons comme tout jeune homme peut avoir avec ses parents et sa soeur au début du siècle dernier. Il la respecte, l'aime et et lui consacre sa vie, personnelle et professionnelle. Le père est tyrannique, la mère est effacée et la jeune soeur aimante et simple. Gregor Samsa travaille dans une entreprise pour qui il a une dette contractée par son père. Ce Gregor Samsa est au milieu d'une situation étouffante, sans avenir, et dont il paye chèrement le choix d'autres personnes, bien qu'il ne le ressente pas de cette manière, nous comprenons qu'il vit pieds et poings liés par son père et son travail (le jour même de son absence, il a la visite du fondé de pouvoir de l'entreprise dans laquelle il travaillé pour venir vérifier s'il est bel et bien malade).
Inconsciemment, Gregor Samsa éprouve une gêne, et ressent cet étouffement comme un manque de considération pour ces efforts. Il finit par s'imaginer qu'il n'est qu'un cafard au milieu de ce nid étouffant (je répète ce mot plusieurs fois pour vous faire comprendre mon ressenti vis à vis de cette famille et de son travail). Nous pouvons l'imaginer alité et déambulant dans sa chambre sans but précis, s'éloignant de plus en plus de la réalité jusqu'à ne plus s'alimenter. Nous retrouvons là les symptômes d'une grave dépression.
Malheureusement, sa famille qui le tient cloîtré ne fait rien pour essayer de l'en sortir et l'enfonce de plus en plus jusqu'à la mort. Les dernières pages, lorsque l'employée se débarrasse du corps, sont tragiques et comiques à la fois. La famille retrouvant dans la perte d'un poids lourd, le fils et le frère, la vie et l'ambition qui l'accompagne.
Kafka aura certainement ajouté dans son texte une authenticité personnelle y ajoutant ainsi une crédibilité sérieuse.
Un texte magnifique, avec un arrière-goût de folie, dans un univers égoïste. Un classique à lire absolument...
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23 avril 2012 1 23 /04 /avril /2012 08:04

813t2Depuis la cellule 14, deuxième division, de la prison de la Santé, Arsène Lupin doit mener un des plus difficiles combats qu'il ait eu à soutenir. Privé de tout moyen d'action, presque sans contact avec l'extérieur, il lui faut à la fois s'innocenter des meurtres dont on l'accuse et démêler l'écheveau d'une affaire on ne peut plus embrouillée.
Des lettres confidentielles de Bismarck, un témoin capital caché sous l'identité de Pierre Leduc, une inscription, APOON, et un nombre, 813. Au total, de quoi provoquer l'étincelle dans cette poudrière qu'est l'Europe, en proie aux rivalités coloniales, à la merci d'un incident diplomatique.
Pis encore : Herlock Sholmès, le vieux rival de Lupin, est entré en lice ! Tout est prêt pour que s'engage une impitoyable course contre la montre, riche en rebondissements et péripéties à couper le souffle.

 

Dans cette deuxième partie du roman 813, Arsène Lupin est en prison. Il orchestre son évasion en utilisant tous les moyens possibles pour arriver à ses fins, jusqu’à tenir un complot d’ampleur internationale.

Dans le précédent épisode, Arsène Lupin s’était accaparé le devant de la scène grâce à ses multiples identités. Le dénouement avait été spectaculaire. Mais dans cet partie, l’action fait place à la réflexion. Malheureusement, nous ne connaissons pas toutes les cartes qu’il a en main, jusqu’à ce qu’il les pose sur la table, ce qui est assez décevant et déroutant. Il arrive à mettre une certaine pression sur des personnages politiques importants tout en restant assis au fond de sa cellule. J’ai trouvé que cela manquait de crédibilité.

Heureusement, l’écriture de Maurice Blanc reste facile, fluide, presque simple. Le récit se déroule tranquillement sans accroche, et sans intrigue irrésistible, prête à être dénouer par le lecteur, il se lit donc, mais avec une certaine déception quant aux attentes qu'il se fait. Mais certaines révélations sont percutantes.

Ce roman sera une déception pour ceux qui souhaitent découvrir le gentleman cambrioleur, mais l'écriture de l'auteur permet tout de même de passer un agréable moment de lecture. Pour les autres, ceux qui connaissent, ce roman pourrait venir clore la grande épopée d'Arsène Lupin.

Je remercie Livres pour tous qui propose des classiques au format Ebooks gratuitement.

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2 avril 2012 1 02 /04 /avril /2012 20:20

813t1Quelle mystérieuse entreprise amène à Paris Rudolf Kesselbach, le richissime et ambitieux roi du diamant sud-africain ? Que signifie ce nombre, 813, inscrit sur le coffret en sa possession ? De quel secret le nommé Pierre Leduc, qu'il recherche dans les bas-fonds de la capitale, est-il le détenteur ?
Telles sont quelques-unes des questions à propos desquelles s'affrontent la police ? En l'occurrence un certain Lenormand, chef de la Sûreté, l'impitoyable baron Altenheim et le gentleman-cambrioleur Arsène Lupin. Lequel devra également démasquer l'invisible assassin qui cherche à lui faire porter la responsabilité de ses crimes ?
Et nous voilà entraînés sur les pas de l'orpheline Geneviève, de l'élégant prince Sernine et de bien d'autres personnages, dans une avalanche de coups de théâtre et de révélations plus incroyables les unes que les autres.

 

Dans ce roman fait de deux parties, nous retrouvons le héros légendaire créé par Maurice Blanc, Arsène Lupin, le voleur gentleman.
Dans la première partie, nous assistons au meurtre de M. Kesselbach, un riche entrepreneur, qui recherche un certain M. Leduc. Arsène Lupin revient après quatre ans d'absence pour le détrousser d'un coffre déposé en banque, mais après son départ, M. Kesselbach est assassiné. Tous les soupçons se retournent contre Arsène Lupin, mais le commissaire de police, M. Lenormand, ne pense pas à sa culpabilité. Le mystère reste entier et que signifie ce chiffre écrit sur une carte, 813.
Bien que l’œuvre de Maurice Blanc soit extrêmement connu, j'avoue ne jamais avoir lu l'un de ses romans, jusqu'à maintenant. Son écriture est très fluide, sans accroc, parfois très, ou plutôt trop simple. J'imagine facilement que ses romans s'adressent plus à un jeune public   même si les adultes se prendront au jeu. Arsène Lupin n'apparaît pas souvent et nous suivons principalement l'enquête de M. Lenormand qui le traque. Finalement, dans ce roman, nous faisons connaissance avec l'esprit logique de l'enquêteur et sa détermination.
Le dénouement de ce roman est ahurissant. Sa lecture facile vous permettra de le finir rapidement et de découvrir les tenants et les aboutissants du complot organisé par Arsène Lupin, ce personnage mythique.
Un très bon roman mais je ne le conseillerai pas pour faire la connaissance d'Arsène Lupin.

Je remercie Livres pour tous qui propose des classiques au format Ebooks gratuitement.

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26 janvier 2012 4 26 /01 /janvier /2012 18:52

20000lieues"Vingt mille lieues sous les mers" est le chef-d'œuvre de Jules Verne : mieux qu'un récit de voyage, mieux qu'un roman d'aventures géographiques et scientifiques, mieux qu'une simple histoire de vengeance. Ou plutôt, tout cela ensemble, mais sublimé. Le poème de la mer, le drame de la révolte absolue, la dernière des grandes légendes romantiques, à jamais engloutie, à jamais conservée dans le silence des mers profondes.

 

Dans ce roman visionnaire de Jules Verne, un monstre aquatique rend les trajets maritimes dangereux. Une expédition est organisée à bord d’une frégate pour chercher, trouver et purger les océans de cette menace. Le professeur Aronnax, un français spécialisé dans le monde animal, est convié à y participer. Pendant plusieurs mois, les marins s’activent sur le pont de la frégate, sans succès. Et enfin, ils rencontrent le monstre qui reste à distance raisonnable. Mais le professeur se retrouve à l’eau avec son domestique. Ils sont alors recueillis par le monstre qui n’est autre qu’une machine fabriquée par les mains de l’homme et dont le commandant est le capitaine Nemo.

Jules Verne propose un récit fantastique, pour l’époque, une réflexion poussée, visionnaire, qui se révèle presque possible quelques décennies plus tard.

De longs paragraphes, quelques chapitres aussi, ne sont que données et chiffres, et paraissent être superflus, ennuyeux, mais tellement nécessaires au contexte. Hormis cet unique point négatif à relever dans la première partie de l’histoire, Jules Verne donne à son récit énormément de détails lui conférant une véritable authenticité, bien que sorti de son imagination, s’approchant à la frontière de la Science-fiction, il en résulte une grande et profonde réflexion de sa part pour arriver à s’approcher autant de la réalité qui sera connue et prouvée par la science plusieurs décennies plus tard. Son écriture est très fluide, très posée et travaillée. La lecture devient donc rapide, sans à-coups, elle devient un plaisir dans la découverte et la quête de ce professeur aux côtés de ce capitaine, bien que souvent nous nous retrouvions à lire un inventaire complet des fonds marins.

Puis, après une première partie d'exploration, nous assistons à revirement de situation. Le Nautilus doit affronter les dangers de la mer et des hommes, sans compter sur le personnage de Ned Land qui, tout au long de l'histoire ne pense qu'à s'enfuir.

Ce roman de Jules Verne est un magnifique roman d'exploration des mers du monde, des merveilles enfouies sous les eaux jusqu'au dénouement. La mer aura donné naissance au capitaine Nemo, et par son nombril, il s'en ira périr.

Un classique magnifique, à la lecture fluide et rythmée, un superbe voyage dans l'imaginaire. A découvrir absolument...

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5 décembre 2011 1 05 /12 /décembre /2011 18:45

1984.gifDe tous les carrefours importants, le visage à la moustache noire vous fixait du regard. Il y en avait un sur le mur d'en face. Big brother vous regarde, répétait la légende, tandis que le regard des yeux noirs pénétrait les yeux de Winston... Au loin, un hélicoptère glissa entre les toits, plana un moment, telle une mouche bleue, puis repartit comme une flèche, dans un vol courbe. C'était une patrouille qui venait mettre le nez aux fenêtres des gens. Mais les patrouilles n'avaient pas d'importance. Seule comptait la Police de la Pensée.

 

Publié en 1948, le roman se déroule d’après le narrateur en 1984. Winston est un citoyen de l’Océania, dont la capitale est Londres. Il travaille pour le gouvernement, au ministère de la Vérité, comme beaucoup de ses congénères. Naît avant la création du Parti, il a connu, mais ne s’en souvient pas, la montée du révolutionnaire Big Brother. Aujourd’hui, il essaye de tenir un journal dans un monde dont les rênes sont tenues pas des tortionnaires, où l’esprit et la liberté de pensée sont bafoués. La vie ressemble à un univers réglementé à outrance, perpétuellement en guerre. Il nomme même le bureau dans lequel il travaille sa Cellule.

L’auteur n’hésite pas à faire la relation avec le nazisme de manière détournée, le communisme, le totalitarisme plus franchement et parfois, nous avons la sensation qu’il fait aussi le lien avec des grandes puissances capitalistes. Et même, plus d’un demi-siècle plus tard, la critique reste d’actualité. Nous sommes fichés comme le sont les citoyens dans ce roman.

L’écriture est réaliste et pénétrante. Il est facile de s’imprégner de l’atmosphère de terreur psychologique dans lequel vit ce personnage de Winston. Se poser des questions, toujours dans la crainte, de connaître les réponses pouvant vous faire basculer dans la folie, l’illégalité, la mort, est largement relater et expliquer dans ce roman. En trois parties, nous découvrons son quotidien ennuyant, toujours en manque de nourriture, de sommeil, ou d’objets aussi insignifiants qu’utiles comme des lames de rasoir, puis sa prise de conscience du pouvoir qu’il a sur lui mais aussi sur autrui, son recul par rapport au Parti et Big Brother, et enfin dans la dernière partie, son arrestation, son emprisonnement et les tortures qui s’ensuivent.

1984 est un roman visionnaire écrit après la seconde guerre mondiale, cynique, qui critique les sociétés oeuvrant pour le pouvoir d’une minorité et manoeuvrant les masses, mené par une écriture simple et efficace. Un classique qu’il faut lire, qui pose des références littéraires, reprises dans la littérature comme au cinéma. Un roman qui trace la ligne de conduite de dictature que le monde connaît encore et malheureusement connaîtra encore. A lire absolument…

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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 08:12

alicepaysPar un jour d'été 1862, sur les berges de la Tamise, un jeune professeur d'Oxford, poète et mathématicien, improvise un conte pour distraire les trois fillettes d'un de ses amis. Charles Dodgson, alias Lewis Carroll, est en train d'improviser "Alice au pays des merveilles".

Assise au bord de la rivière, Alice s'ennuyait un peu quand soudain, venu de nulle part, surgit un lapin blanc pressé de regagner son terrier. N'hésitant pas à le suivre, Alice pénètre dans un monde de prodiges et de menaces qui n'est autre que le royaume de l'enfance. Et voici le chat de Cheshire à l'étrange sourire, la terrible Reine de cœur, le Chapelier fou et le Lièvre de Mars, la Fausse Tortue et le Valet-Poisson…

Un siècle et demi plus tard, ce monde enfantin et absurde, surréel et symbolique, est resté le nôtre.

 

Le livre présente dans sa préface une courte biographie de l’auteur, Lewis Carroll, qui est loin d’être reluisante et dont je ne me serais jamais douté. Doté d’un esprit de création prolifique, Lewis Carroll était rongé d’une maladie mentale des plus horribles pour ses petites victimes. L’histoire retiendra ses œuvres, maintes fois adaptées, mais qui me laisse, à moi, un certain sentiment de dégoût avant même de commencer la lecture de son conte. C’est donc avec un effort de ma part pour éviter les a priori et avoir l’esprit critique le plus objectif possible que j’ai lu Alice au Pays des Merveilles.

Alice assise aux côtés de sa sœur voit passer un lapin blanc. Elle décide de le suivre dans son terrier et découvre un monde sous terre fait d’animaux qui parlent et de cartes à jouer qui prennent vie

Ce conte s’adresse principalement aux enfants. Le vocabulaire ainsi que l’histoire s’y prête énormément, mais en tant qu’adulte, vous pourrez y prendre plaisir aussi. C’est un univers merveilleux où se côtoient les rêves les plus insensés d’une petite fille. Des animaux qui conversent, chantent ou récitent des poèmes sont le fruit d’une imagination débordante couplé à un sens de l’humour enfantin, l’histoire raconte tout simplement un rêve sans queue ni tête. L’auteur, pour accrocher son auditoire fait de petites filles, joue avec les mots, modifie les vers des poèmes connus et traditionnels en Angleterre, dans le but d’amuser.

Une écriture soignée et un effort de traduction intéressant et travaillé, raviront même les enfants. Une courte œuvre onirique et comique qu’il faut lire au moins une fois… 
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