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5 juin 2014 4 05 /06 /juin /2014 08:11

algracedeshommes

Dans le nord de l'Islande, en 1829, Agnes Magnúsdóttir est condamnée à mort pour l'assassinat de son amant, Natan Ketilsson. En attendant que la sentence soit exécutée, Agnes Magnúsdóttir est placée en résidence surveillée à Kornsá, dans la ferme de l'agent de sécurité du canton, Jon Jonsson, avec sa femme et leurs deux filles. Horrifiées à l'idée d'héberger une criminelle, les membres de la famille évitent tout contact avec Agnes, qui leur inspire autant de peur que de dégoût. Seul Totti, le jeune révérend que la meurtrière a choisi comme guide spirituel pour la préparer à sa fin prochaine, tente de la comprendre. Alors que les mois passent, contraints de partager le quotidien, de travailler côte à côte cette terre gelée et hostile, le fermier et les siens se laissent peu à peu apprivoiser par la condamnée. Encouragée par le pasteur, Agnes livre le récit de sa vie, de son amour pour Natan, et des semaines qui ont conduit au drame, laissant entrevoir une vérité qui n'est pas forcément celle que tous pensaient connaître. Inspiré de la véritable histoire d'Agnes Magnúsdóttir, la dernière femme condamnée à mort en Islande, A la grâce des hommesest un roman sur la vérité, celle que nous croyons savoir et celle à laquelle nous voulons croire.

 

A la grâce des hommes est le premier roman de Hannah Kent. Il se déroule dans l'Islande du XIXème siècle et raconte les derniers mois d'une femme, Agnes, condamnée à mort, et vouée à vivre auprès de fermiers pendant sa détention.
Ce récit est un témoignage romancé de la dernière personne à avoir été mise à mort en Islande. Une femme accusée du meurtre d'un homme et qui doit, faute de moyen, vivre avec une famille qui ne l'aime pas, la craint et la repousse.
Au fil des pages, Agnes se révèle être une personne extrêmement attachante, qui raconte sa vie et les faits simplement, auprès du révérend et de la maîtresse de maison. Le récit est touchant. Au delà du roman, l'auteur nous décrit les conditions de vie des Islandais et particulièrement les fermiers du XIXème siècle. La vie est rude et les hivers difficiles. La mort est omniprésente et pourtant la vie est belle, magnifique.
La vie de tous les jours se fait dans la promiscuité avec les habitants de la ferme, le couple mais aussi leurs filles. Il apparaît que les Islandais sont accueillants, travailleurs et heureux, malgré la misère. En revanche, il est choquant de découvrir l'appartenance d'une servante à son maître, qui a le droit de s'opposer à son mariage par exemple. L'époque permettait certainement ce genre de réaction, que nous retrouvons malgré tout de nos jours dans d'autres régions du monde. Mais dans l'ensemble, les Islandais ont l'air d'être des gens très respectueux des autres, et la condition féminine avait l'air d'être en avance sur son temps.
Les différents personnages qui gravitent autour d'Agnes sont les membres de la famille et le révérend. Il est facile d'arriver à se les représenter autant physiquement que sur le plan psychologique.
Enfin, l'écriture de l'auteur est fluide sans lourdeur.
C'est une très belle histoire qui se raconte dans ses pages, bien qu'elle finisse de manière tragique, c'est un bel hommage à la dernière condamnée à mort en Islande.
Je remercie Babelio et Presses de la cité pour ce partenariat.

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14 février 2014 5 14 /02 /février /2014 08:58

eauxfortesEcrites entre 1928 et 1933, les Eaux-fortes de Buenos Aires sont autant d'instantanés de la capitale argentine, de ses habitants, de ses coutumes et de son art de vivre. Car il y a bien une faune et une flore particulières à l'endroit : ses jeunes oisifs plantés devant leur seuil, ses chantiers de construction pillés de leurs briques, ses maisons de tôle ondulée aux couleurs passées... Chaque curiosité fait l'objet d'une eau-forte, petit bijou littéraire savamment rythmé par un auteur qui n'a peur ni des écarts de langage ni des mélanges peu orthodoxes. Il en ressort un tableau vivant et mouvant de la ville, une oeuvre urbaine et moderne.

 

Ce récit est un recueil d'articles écrit par Roberto Arlt pendant quelques années dans un journal argentin dans la première moitié du siècle dernier. Ces eaux-fortes se reconnaissent par un style critique et acide.
Il faut apprécier les écrits de ce type. Le genre de courts récits qui critiquent celles et ceux qui font quelque chose dans leur vie, que ce soit bien ou mal, mais qui font quelque chose. Le genre de courts récits écrits par une personne critique mais qui à part fournir un billet hebdomadaire avec difficulté ne fait rien d'autre à part critiquer.
J'avoue ne pas avoir aimé, ne pas avoir aimé l'auteur, ni ses écrits. L'auteur parce qu'il montre dans sa critique une haine envers les gens, une certaine rancoeur de la vie ancrée profondément. Il est devenu un personnage tellement aigri qu'il en arrive à devenir méchant. Ses écrits parce qu'il raconte la vie de gens qui se lèvent le matin tôt pour aller travailler, rentrent le tard soir et réalisent cela six jours sur sept, toute une vie, sans aucune autre possibilité. Ses écrits parce que la critique facile sur le physique m'a insupportée, m'a dégoûté. Arlt, un auteur reconnu, un journaliste finalement sans grand talent qui juge sur l'apparence physique de la vie des gens qu'ils croisent est tout simplement honteux. Dans une époque difficile comme l'Argentine pouvait la vivre, se moquer des gens, et en vivre aisément, est tout bonnement une honte. En rire, encore plus. J'imagine un Roberto Arlt n'aimant pas sa personne, un peu laid et aigri de son manque de succès aupr ès de la gente féminine qu'il n'aime plus suite à de réguliers chagrins d'amour, finissant seul sur son lit, dans sa petite chambre aux allures spartiates, conservant dans un mélange de plaisir et de haine, une photo de sa maman dans un cadre caché. Une chambre dans laquelle il n'accueille personne, préférant la laisser le jour pour parcourir les rues de Buenos Aires, s'imaginant les pires vacheries à l'encontre des gens qu'il croise en les jugeant de par leur physique. Ces récits montrent un personnage complexé sans passion ayant seulement eu la chance de poursuivre des études pour apprendre à bien écrire des saloperies.
J'aime ce que Asphalt fait mais ce livre ne m'a pas plu.
Je remercie Libfly et Asphalte pour ce partenariat.
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4 février 2014 2 04 /02 /février /2014 08:44

apreslavagueLes cris des oiseaux marins, ses seuls amis, et les petits galets qu'ils laissaient tomber sur sa hutte, tirèrent Conan du sommeil dès l'aube. A quatre pattes, il sortit précipitamment, et courut jusqu'à la plage étroite, persuadé qu'un banc de poissons s'était aventuré dans l'un de ses pièges. Les oiseaux le prévenaient toujours de cette façon lorsque le poisson était pris au piège, mais il ne tarda pas à découvrir que ceux-ci étaient vides, et les mouettes et les sternes continuaient de tournoyer à ses côtés, en poussant de grands cris. Qu essayaient-ils de lui faire comprendre ?

 

Ce récit se déroule dans un monde similaire au notre après une catastrophe planétaire. Suite à un réchauffement climatique, les eaux des océans ont monté, des tremblements de terre provoquent des tsunamis régulièrement, et des hommes sont doués de pouvoirs téléphates. Certaines communautés se sont formées sur des îles pour tenter de survivre. Mais un Ordre Nouveau est né, tentant de prendre le contrôle de toutes les îles de rescapés. Ils sont à la recherche d'un Professeur qui pourrait les aider à retrouver un niveau technologique satisfaisant, car sinon, l'humanité est vouée à faire un bond en arrière de plusieurs siècles.
Ce roman américain assez court, se lit très rapidement et est d'une fluidité impressionnante. L'univers dans lequel se déroule ce récit pourrait être tout aussi bien notre planète et les catastrophes qui semblent devoir se produire si la pollution perdure au point de faire fondre les calottes glaciaires.
Le personnage principal, Conan, est un jeune homme plein de ressources, intelligent et agile, il est attachant dans son caractère parfois hésitant, qui parfois doute de lui-même. Les personnages secondaires ne servent qu'à renforcer l'image du héros qui est là pour devenir ce que le Professeur attend de lui. Nous découvrons un Ordre Nouveau totalitaire fonctionnant sur la délation pour conquérir des privilèges et les faire perdre aux autres. Entre une société où tous les coups sont permis et les idées très fraîches de liberté de Conan, il y a deux mondes qui s'affrontent. Finalement, on est en droit de se demander pourquoi le genre de société comme l'Ordre Nouveau fonctionne aussi bien alors que personne ne la souhaite.
Après la vague est un roman qui complète à merveille la collection Littératures chez les Forges du Vulcain en proposant un récit post-apocalyptique intéressant.
Je remercie Libfly et Aux Forges du Vulcain pour ce partenariat.

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24 août 2013 6 24 /08 /août /2013 08:45
ledilemme.jpgFin des années 1980, DeKalb, Illinois. Eddie Hobson, Ailene, et leurs quatre enfants, ont toujours formé un clan très soudé. Mais lorsque Eddie est frappé par une étrange maladie, la mécanique familiale se dérègle et les secrets de ce père pas comme les autres font peu à peu surface. Pourquoi ce professeur d’Histoire charismatique a-t-il élevé ses enfants, aujourd’hui adultes, dans l’amour de la culture, du divertissement des énigmes et des jeux d’esprits, en les tenant toujours éloignés des réalités de leur temps ? Et quelle est cette longue histoire qu’il élabore depuis près de trois décennies derrière une porte close ? Alors qu’Eddie s’est enfui de l’hôpital pour une destination inconnue, le plus jeune de ses fils, Eddie Jr, part à sa recherche. Petit à petit, l’histoire du père se dévoile et avec elle, c’est tout le XXe siècle qui défile, de l’exposition universelle de New York en 1939 aux essais nucléaires de Los Alamos, en passant par un projet grandiose de Walt Disney, destiné à entretenir l’optimisme des populations durant la Seconde Guerre mondiale. Dans cet éblouissant roman polyphonique, Richard Powers s’intéresse à l’industrie du divertissement, de Hollywood à Disneyland, et questionne notre besoin d’évasion. Il nous montre, à la lumière d’un demi-siècle d’une histoire passionnante, comment ce qui nous édifie, que ce soit la famille ou la culture, nous emprisonne également.

Le dilemme du prisonnier est un roman américain de la fin des années 80, traduit pour la première fois en français. Il raconte la vie d'une famille, avec au centre un père et mari, ayant une emprise psychologique pacifiste et intellectuelle sur les membres de sa petite communauté. Le récit débute alors qu'il est, apparemment, gravement malade. Entre réminiscences des uns et des autres, et la vie de tous les jours, le calvaire d'un homme prisonnier de son corps et la famille souffrant de ne pas satisfaire le père dans ses jeux verbaux délirants.
Autant l'avouer immédiatement, ce roman n'est pas intéressant. Et dans "intéressant", il y a "intérêt", et l'histoire ne présente aucun intérêt au yeux du lecteur. Dans les premières pages, on recherche la trame, arrivé au tiers, difficilement par ailleurs, on ne l'a toujours pas trouvé. L'histoire est complétement absurde. Le père s'amusant à faire souffrir sa famille, une femme complétement passive et des enfants devenus adultes cherchant des miettes de reconnaissance paternelle. C'est complètement sans intérêt, le genre de roman qui vous dégoûterait de la lecture tellement c'est ennuyeux.
De plus, le style est assez lourd et les longueurs sont monnaie courante au point que très régulièrement, arrivé à la fin du paragraphe, vous vous demanderez comment vous en êtes arrivés là. Pour preuve, je n'ai pas encore digéré la liste des courses que Ailene, l'épouse, réalise dans sa cuisine. Cette liste s'étale sur des pages et des pages, et nous avons droit à des mots qui font des phrases, des phrases qui font des paragraphes, et le tout sans queue ni tête.
En somme, une fastidieuse découverte d'un auteur américain qui dans les premières pages peut faire penser à Tom Robbins, mais qui rapidement vous fait comprendre qu'il y a une grande différence entre un maître et un adepte.

Ce roman a été lu dans le cadre de l'opération On vous lit tout en partenariat avec Le Furet du Nord et Libfly.

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23 août 2013 5 23 /08 /août /2013 08:25

danslamaison.jpgHambourg, 1946.
Après la défaite des forces de l'Axe, le pays est en ruines et la nation brisée. Lewis Morgan, colonel de l armée britannique est chargé de superviser les opérations de reconstruction de ce territoire dévasté et de « dénazification » de la population. Ses supérieurs réquisitionnent à son intention une belle demeure sur les bords de l'Elbe, où son épouse, Rachael, et son fils Edmund vont bientôt le rejoindre.
Refusant de mettre les propriétaires allemands un veuf et sa fille traumatisée à la porte de chez eux, Lewis insiste pour que les deux familles partagent la maison. Dans cette ambiance oppressante, inimitiés et hostilités vont laisser place à un sentiment plus fort encore : la passion...

 

Ce roman se déroule dans l'Allemagne d'après-guerre. Détruite, ravagée, les Forces Alliées contribuent à sa reconstruction. Le peuple allemand est soumis aux Etats-Unis, à l'Angleterre, aux Français et aux Russes. C'est dans ce contexte que le colonel Morgan, gradé britannique, arrive en Allemagne. Il va être installé avec sa famille dans une maison habitée par ses propriétaires, les Lubert. Morgan laisse une partie de la maison à Lubert pour cohabiter, persuadé que c'est en fraternisant que l'Allemagne pourra se reconstruire.

Tiré d'une expérience familiale similaire, l'auteur nous propose ici un récit magnifiquement écrit, laissant la part belle aux sentiments mitigés de deux peuples ennemis destinés à devenir amis.

Le colonel Morgan est un homme de guerre, mais humain, qui souhaite donner sa chance à un peuple fier de son pays mais honteux des événements tragiques qui le balayèrent pendant une décennie. Tous les personnages qui vont tourner en orbite autour de Morgan, sa femme, son fils, Herr Lubert et sa fille, ont tous un passé chargé. S'y mêlent amour et haine, déception, déchirement, mais aussi espoir. De ces situations quelques peu étranges vont naître des idylles, de la compassion pour ces rescapés, une mère qui a perdu son fils, ou une fille qui a perdu une mère, de l'incompréhension à cause d'une langue et d'une culture différente puis un rapprochement.

Ce roman traite aussi de la dénazification de l'Allemagne, de ces interrogatoires, de la considération de ce peuple soumis (répétition du terme pour faire ressortir ce sentiment d'infériorité qu'ont eu les Allemands après la guerre) face aux vainqueurs, de la faim, du froid, et du pillage par les Alliés des œuvres et richesses du pays. Tous les maux dont l'Allemagne nazie a été accusée à juste titre sont retrouvés au même titre chez les occupants, les colons alliés. Spoliation, considération du peuple comme obligatoirement mauvais ou inapte.

Ce roman ose remettre de l'ordre dans l'Histoire avec un grand H. Il nous prouve aussi que le sentiment qui domine l'homme c'est la peur, la peur de l'autre, de l'inconnu, mais aussi l'amour. Heureusement qu'il a existé des personnages comme ce colonel Morgan, qui, comme des petites fourmis ont œuvré à reconstruire une nation.

Ce roman se dévore pour son histoire, pour son style fluide, pour l'espoir, celui de savoir qu'il y aura toujours des bonnes âmes.

Ce roman a été lu dans le cadre de l'opération On vous lit tout en partenariat avec Le Furet du Nord et Libfly.

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14 octobre 2012 7 14 /10 /octobre /2012 08:27

dedansÀ l’âge de onze ans, et en accord avec sa lignée et la tradition, Songan devient membre de la nécromancie. Dans cette partie de l’Afrique, être en contact avec les morts est plus qu’un privilège, c’est une responsabilité et un pouvoir. Mais comme beaucoup de jeunes Africains, Songan rêve aussi de voir le monde et de découvrir la ville moderne. Un voyage périlleux, car on ne se coupe pas de la tradition sans en payer le prix…
L’Afrique doit-elle se recroqueviller sur elle-même pour garder son identité? Dedans ou dehors pose avec acuité et force l’opposition entre tradition et modernité qui secoue aujourd’hui le continent noir. Dans ce roman envoûtant sur le lien à la mort et aux ancêtres, la question des valeurs va de pair avec celle des privilèges, car il ne suffit pas d’être noble pour être respectable. Comme le dit si bien Songan: "Nous devons nous ouvrir au monde comme le monde s’offre à nous."

 

Avant de commencer, je tiens à remercier Les Agents Littéraires et les éditions Publibook pour ce partenariat.

Dedans ou dehors est un récit qui se déroule en Afrique. C'est l'histoire de Songa, un jeune garçon issu d'une tribu, qui est initié à la nécromancie. Enlevé par sa belle-famille, il grandit loin de ses parents et de ses croyances. A la ville, il découvre le christianisme et s'oppose ouvertement aux traditions de sa tribu et de sa famille.

Ce récit est un témoignage de la culture profonde de l'Afrique. Les croyances et les traditions d'une tribu y sont relatées, méticuleusement, presque cliniquement. Songa que l'on suit dans sa vie est un jeune homme perdu entre son propre arbitre et les décisions des anciens qui priment sur tout les membres d'une même famille, d'une même tribu. Comme l'explique si bien ce roman, Songa est finalement perdu entre ses propres envies, ses propres aspirations, et l'intérêt de la tribu et de la famille.

Par ce récit, l'auteur rend hommage aux traditions séculaires de l'Afrique, en conflit avec la modernisation. Comment ces croyances peuvent-elles subsister face à la puissance de la nouvelle ère qui envahit l'Afrique jusque dans les moindres contrées, même éloignées, même enclavées, même difficiles d'accès.

L'écriture est assez pointilleuse, dépassant parfois la fiction, tel un documentaire, il ne manque plus que les images. Mais dans ce récit, on sent le poids, lourd, sur les épaules de l'homme entre deux vies, celle de ses anciens, de la famille, et l'autre, celle de l'avenir de l'Afrique.

L'auteur pose une question. Comment l'Afrique peut-elle évoluer sans abandonner sa culture ? Un travail qui sera difficile mais peut-être pas impossible.

Je remercie Les Agents Littéraires et les éditions Publibook  pour ce partenariat.

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21 septembre 2012 5 21 /09 /septembre /2012 08:14

levieuxquiAlors que tous dans la maison de retraite s’apprêtent à célébrer dignement son centième anniversaire, Allan Karlsson, qui déteste ce genre de pince-fesses, décide de fuguer. Chaussé de ses plus belles charentaises, il saute par la fenêtre de sa chambre et prend ses jambes à son cou. Débutent alors une improbable cavale à travers la Suède et un voyage décoiffant au cœur de l’histoire du XXe siècle. Car méfiez-vous des apparences ! Derrière ce frêle vieillard en pantoufles se cache un artificier de génie qui a eu la bonne idée de naître au début d’un siècle sanguinaire. Grâce à son talent pour les explosifs, Allan Karlsson, individu lambda, apolitique et inculte, s’est ainsi retrouvé mêlé à presque cent ans d’événements majeurs aux côtés des grands de ce monde, de Franco à Staline en passant par Truman et Mao...

 

Allan est un vieux bonhomme. Le jour de ses cent ans, il s'enfuit de la maison de retraite. Son périple commence dans la gare où il rencontre un guichetier peureux et un homme à la mine patibulaire à qui il vole une valise. Les ennuis vont commencer ici. Entre fuite vers l'avant et souvenirs d'un passé lointain, l'anniversaire d'Allan prend une tournure épique.

Je pourrais comparer ce roman au film Forrest Gump. Rappelez-vous, Forrest est un homme simple qui par mégarde, et avec beaucoup de chance, rencontre les plus grandes célébrités de son époques. Au même titre que ce héros du grand écran, Allan rencontre aussi les grandes figures du siècle, de Staline à Mao Tsé-tung en passant le Président Truman ou encore Churchill. Dans ses actes les plus anodins, et avec sa philosophie de la vie la plus simple qu'il soit, il voyage dans le monde entier, aide et participe au conflit révolutionnaire espagnol, à mettre au point la bombe atomique, à déjouer un attentat, à détruire une ville... Ces rétrospectives qui égrènent le roman nous permettent de connaître le vieillard de cent ans qu'il est devenu et pourquoi il se comporte ainsi. Et le pire, c'est qu'il souhaite vivre sa vie le plus simplement possible sans demander quoique ce soit mais le destin le pousse toujours vers la sortie la plus improbable. Et dans les situations les plus épineuses, il arrive toujours à s'en sortir avec un retournement de situation aussi farfelu que plausible.
L'écriture est facile. Sans lourdeur, elle permet au récit de prendre l'ampleur souhaité. Nous avons presque à faire à un récit d'aventures où s'enchaîneraient les actions à la manière d'un film. C'est d'ailleurs cet atout qui ressort du roman, c'est la manière très cinématographique que l'auteur utilise pour nous conter l'histoire et lorsque vous le commencerez, vous aurez du mal à le refermer avant la fin.
Les personnages et particulièrement le personnage principal, Allan, sont attachants, décrits autant physiquement que psychologiquement de façon très correcte, afin de pouvoir s'en faire une idée proche de ce que l'auteur s'imagine. Les rebondissements vous tiendront en haleine jusqu'à la fin. C'est un très bon roman, original, qui se laisse lire, où l'humour côtoie allègrement l'action.
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14 août 2012 2 14 /08 /août /2012 08:01

centansUne épopée vaste et multiple, un mythe haut en couleur plein de rêve et de réel. Histoire à la fois minutieuse et délirante d'une dynastie : la fondation , par l'ancêtre, d'un village sud-américain isolé du reste du monde ; les grandes heures marquées parla magie et l'alchimie, ; la décadence ; le déluge et la mort des animaux. Ce roman proliférant, merveilleux et doré comme une enluminure, est à sa façon un Quichotte sud-américain : même sens de la parodie, même rage d'écrire, même fête cyclique des soleils et des mots. Cents ans de solitude, compte parmi les chefs-d'œuvre de la littérature mondiale du XXe siècle. L'auteur a obtenu le prix Nobel de littérature en 1982.

 

Avant de commencer cette chronique, je tiens à remercier Livraddict et Point 2 pour ce partenariat.

Nous nous trouvons à Macondo, village d'Amérique latine, où vit la famille Buendia qui l'a fondé. Pendant un siècle, nous suivons une génération après l'autre la vie du village au sein de la famille Buendia. Ce village isolé, devient ainsi le centre d'histoires aussi magiques que mystérieuses dans un pays en guerre.

Cent ans de solitude conte donc l'histoire d'une seule et même famille. Les personnages sont une multitude, et nous découvrons au fil de leur vie l'évolution du village et du pays. Et malheureusement, il semble y avoir trop de personnages dans ce roman au point que l'auteur n'arrive pas à nous faire focaliser sur l'un ou l'autre, nous empêchant ainsi de nous identifier, et donc de nous installer dans l'histoire. Malgré tout, l'histoire est complexe et complète. Nous suivons la vie de cette famille qui agit pour et contre son entourage, dans ce village perdu. Grâce à l'évolution dans le temps de ces personnages, nous apprenons l'histoire d'un pays, de la guerre qui y fait rage, mais aussi des conflits qui se déroulent ailleurs sur le globe, et aussi des nouvelles plus rassurantes bien que la plupart qui arrivent au village sont toujours assez morbides.

L'écriture de Gabriel Garcia Marquez est assez poétique. Belle et facile à lire, elle est l'atout de ce roman. Dans une approche très lyrique, l'accent chantant de cette écriture est plus qu'un plaisir.

Malgré tout, les descriptions trop longues finissent par ennuyer le lecteur et arrivé au tiers du roman, la fatigue s'installe. J'ai trouvé que ce roman débutait bien mais qu'il se tassait par la suite, donnant envie de le lire au début et devenant lassant ensuite.

Je retiens tout de même le nom de cet auteur que je n'avais jamais lu auparavant car son écriture est vraiment intéressante.

Je remercie Livraddict et les Editions Point 2 pour ce partenariat.

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17 juin 2012 7 17 /06 /juin /2012 08:31

shangriaDennis Keith, alias DK, cinquante-huit ans, cent quinze kilos, vit camouflé derrière ses Ray-Ban et retiré dans un village de retraités avec sa vieille mère, ses troubles obsessionnels compulsifs et sa paranoïa. L'arrivée d'une jeune journaliste vient perturber sa routine : elle compte écrire sa biographie pour faire enfin le jour sur son passé et sa carrière mythique. Car DK, jeune prodige de la Gold Coast et premier champion du monde de surf, était une légende dans les années 1970. Bon gré, mal gré, il accepte de se replonger dans ses souvenirs : la succession de compétitions, sa dépendance aux drogues, la rivalité avec son frère, sa petite amie assassinée...

Shangrila est un roman sur la culture surf, sa médiatisation progressive, mais aussi un grand livre sur l'ambition et la célébrité.

 

Avant de commencer cette chronique, je tiens à remercier Babelio et Asphalte pour ce partenariat.
Une journaliste vient interroger une figure du surf des années 70 pour écrire un article biographique. Elle est confronté à un retraité vivant avec sa mère parlant toujours comme un adolescent. Se raconte dans ses pages la vie en Australie dans les années 60 et 70, au commencement de la culture mondiale du surf, avant sa médiatisation à outrance. Comment les jeunes et les moins jeunes de l'époque innovaient pour dompter les vagues. Comment un petit garçon abandonné, adopté, devient le meilleur. La vie de cet adolescent lié à l'eau pour toujours.
L'écriture est un peu difficile. Le narrateur écrit comme le personnage parle et pense. Les premières pages sont donc assez dures à la lecture, mais finalement, l'habitude permet par la suite de prendre plus d'aisance avec le style.
L'histoire de DK, un champion des années 70 de surf, l'inventeur même du surf moderne pour les puristes, est en réalité une rétrospective sur cette époque. Une immersion dans l'Australie, dans une famille pauvre, où un génie va redonner vie à un sport qui se meurt, par son ingéniosité, son intelligence et sa ferveur. Le personnage de DK, à près de soixante ans, raconte sa jeunesse, son amour pour sa famille, sa maman et son frère, le surf, et sa petite copine. C'est touchant, même si le personnage peut être parfois agaçant, il est tellement authentique, lorsqu'il se confie, dans sa pudeur, qu'il est réellement vivant. L'atout de ce roman passe par la vie de cet homme, décalé avec son temps, lorsqu'il était jeune, et maintenant qu'il vieillit. En avance lorsqu'il était adolescent, complétement largué aujourd'hui.
Ce roman est un réelle immersion dans les années 70 en Australie aux côtés d'un junkie, pur génie du surf, confronté à ses obsessions. Un bond dans le passé et dans un univers assez mal connu. Et malgré un début un peu laborieux, ce roman est un réel plaisir de lecture, une très belle découverte...
Je remercie Babelio et Asphalte pour ce partenariat.
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babelio
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8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 20:30

eauelephantsCe roman pas comme les autres a une histoire exceptionnelle : en quelques mois, il a fait d’un auteur inconnu un véritable phénomène d’édition, le coup de coeur de l’Amérique. Durant la Grande Dépression, dans les années 1930, les trains des petits cirques ambulants sillonnent les États-Unis. Jacob Jankowski, orphelin sans le sou, saute à bord de celui des frères Benzini et de leur « plus grand spectacle du monde ». Embauché comme soigneur, il va découvrir l’envers sordide du décor. Tous, hommes et bêtes, sont pareillement exploités, maltraités.
Sara Gruen fait revivre avec un incroyable talent cet univers de paillettes et de misère qui unit Jacob, Marlène la belle écuyère, et Rosie, l’éléphante que nul jusqu’alors n’a pu dresser, dans un improbable trio.
Plus qu’un simple roman sur le cirque, De l’eau pour les éléphants est l’histoire bouleversante de deux êtres perdus dans un monde dur et violent où l’amour est un luxe.

 

De l'eau pour les éléphants raconte la vie dans les cirques des années 30 aux États-Unis. Jacob est étudiant, et souhaite devenir vétérinaire comme son père. Mais un jour, ses parents décèdent dans un accident de voiture. En pleine crise, l'héritage de Jacob est inexistant. Il fuie la ville et grimpe de nuit dans le premier train qui passe. Au matin, il se rend compte que ce n'était pas n'importe quel train. Il transporte un cirque d'une ville à une autre en traversant les États-Unis. Jacob est employé comme manœuvre et rapidement devient le vétérinaire. Il se lie d'amitié avec Kinko, un nain, et tombe amoureux de Marlène, la femme d'August.

Jacob raconte sa vie de ses quatre vingt dix ans, en maison de retraite. Il se remémore dans ses rêves cette partie de son existence difficile et pourtant si heureuse. Ce roman nous plonge dans le monde si particulier des forains, ses nomades qui offrent du plaisir aux « paysans ». Dès les premières pages, nous nous  immergeons dans cet univers à double face, la première, superbe pour les spectateurs qui s'émerveillent devant les artistes et les animaux du monde, l'autre, la seconde, sombre et cruelle, où les vieux chevaux sont donnés en pâture aux lions.

Par une écriture fluide, Sara Gruen vous tient en haleine dans le quotidien de ces gens du voyage qui contre quelques piécettes vous en mettent plein la vue. Les personnages sont travaillés et les descriptions sont précises. Jacob est un jeune homme plein d'entrain que la mauvaise fortune a mis sur le chemin de ce cirque. Ces rêves sont les derniers d'un vieil homme qui se bat dans un corps décrépi et qui le lâche malgré son combat pour garder toute son autonomie.

La vie à cette période nous fait ressentir les odeurs animales et la faim des hommes, nous fait découvrir la violence physique mais aussi celles de leurs conditions de tous les jours, lorsque les employés dorment entassés dans les wagons surchargés à quelques mètres à peine des chevaux, les sentiments les plus durs comme l'indifférence la plus totale pour les plus faibles qui se font jeter du train alors en marche, et les sentiments les plus beaux comme ce jeune homme qui défend ses amis.

De l'eau pour les éléphants est un magnifique roman retraçant la vie dans les cirques il y a près d'un siècle aux États-Unis, avec l'apparence de paillettes cachant la misère et au milieu, un jeune homme perdu qui marque de son empreinte, par ses actes les plus simples, la vie des gens qui l'entourent.

A lire absolument...

Je remercie Marmelade de livres pour sa gentillesse.

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Le silence des agneaux
Thomas Harris
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Les sites à visiter