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1 novembre 2014 6 01 /11 /novembre /2014 08:06

lacitesauvage.jpgHomicides à coups de batte, viols, acharnements racistes et corruption : tel est le visage du New York des années 1960, cité d'une humanité sauvage frappée par la haine et l'effroi. A partir du meurtre des " Career girls " le jour du fameux discours de Martin Luther King, T.J. English rédige au scalpel la chronique d'une décennie en pleine mutation. " English se fonde sur les rapports de police, comptes rendus de procès et articles de journaux. Just facts. Diablement efficace.

 

New-York, 1963. Un homicide violent. Deux jeunes filles sont tuées, deux filles blanches. Les policiers traquent le meurtrier et tombent sur George Whitmore, un noir. Analphabète, naïf, simple, il est le coupable idéal qui avouera les meurtres sous les coups et la fatigue. Vice de procédure. La justice s'en moque et le condamne. Cette injustice est celle de trop, celle qui deviendra le symbole d'une génération, d'une communauté qui souhaite l'égalité et qui sera prête à l'obtenir dans la violence.

Ce livre retrace dix ans d'histoire dans la ville de New-York mais aussi des Etats-Unis dans lesquels la communauté noire va se rebeller contre l'oppression des blancs. C'est une source inimaginable sur cette époque pourtant synonyme de baba cool, de musique psychédélique, de drogue et d'alcool. Mais la cité est gangrenée. La corruption règne dans toutes les strates de la police et de l'administration judiciaire de la ville. Les communautés minoritaires que sont les noirs et les portoricains sont violentés, opprimés, tués jusque dans leur propre maison.

Le récit est surprenant et étonne par le comportement de la population et des témoignages. Nous découvrons dans ce livre une amérique raciste et violente, un pays où être noir, c'est être un juif dans l'allemagne nazie. C'est choquant à plusieurs niveaux et le récit ne peut laisser indifférent. L'injustice, la violence, l'impunité sont les maîtres mots de cette période "noire" de la ville.

Ce récit est assez conforme aux traces qu'il peut laisser aux lecteurs. On y découvre un peuple pleins de contradictions. Que ce soit sur ce thème ou un autre, nous sommes toujours surpris par le comportement des américains, et cette faculté qu'ils ont à prendre les leçons de leurs échecs. Trente ans plus tard, un maire de couleur est élu, quanrante ans plus tard c'est un président de couleur qui l'est.

Le récit est bien construit et nous fait découvrir les différents procès de Whitmore, mais aussi la montée en puissance des mouvements pour les noirs comme le Black Panther Party. On y découvre les personnages qui ont façonné l'histoire contemporaine de New-York et des Etats-Unis mais qui ont été façonnés aussi par cette ville destructrice. Quelques anecdotes parsèment les pages. L'une des dernières concernent la série Kojak. Cette période et particulièrement George Whitmore ont influencé l'amérique d'aujourd'hui. Et l'amérique d'aujourd'hui influence le monde.

Un récit historique surprenant qui se lit facilement et avec plaisir, instructif.

Je remercie Babelio et 10-18 pour ce partenariat.

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babelio

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7 septembre 2012 5 07 /09 /septembre /2012 08:26

danslejardinAvec Le Diable dans la ville blanche, Erik Larson a révélé un talent exceptionnel pour romancer l’Histoire. Après s’être intéressé à l’Exposition universelle de Chicago et au premier serial killer américain dans son précédent livre, il nous offre cette fois un superbe thriller politique et d’espionnage, basé sur des évènements réels et peu connus qui se sont déroulés en Allemagne pendant l’accession au pouvoir d’Adolphe Hitler.
1933. Berlin. William E. Dodd devient le premier ambassadeur américain en Allemagne nazie. Originaire de Chicago, c’est un homme modeste et austère, assez peu à sa place sous les ors des palais diplomatiques, qui s’installe dans la capitale allemande. Belle, intelligente, énergique, sa fille, la flamboyante Martha est vite séduite par les leaders du parti nazi et par leur volonté contagieuse de redonner au pays un rôle de tout premier plan sur la scène mondiale. Elle devient ainsi la maîtresse de plusieurs d’entre eux, en particulier de Rudolf Diels, premier chef de la Gestapo, alors que son père, très vite alerté des premiers projets de persécutions envers les juifs, essaie d’alerter le Département d’État américain, qui fait la sourde oreille. Lorsque Martha tombe éperdument amoureuse de Boris Winogradov, un espion russe établi à Berlin, celui-ci ne tarde pas à la convaincre d’employer ses charmes et ses talents au profit de l’Union Soviétique. Tous les protagonistes de l’histoire vont alors se livrer un jeu mortel, qui culminera lors de la fameuse « Nuit des longs couteaux ».

 

Avant de commencer cette chronique, je tiens à remercie Babelio et Cherche midi pour ce partenariat.
Dans le jardin de la bête est à lire comme un roman historique dans lequel les faits relatés sont réels, tirés de documents authentiques. Monsieur Dodd, professeur d'histoire à Chicago, est envoyé en 1933, avec sa famille, en Allemagne pour prendre le poste d'Ambassadeur des États-Unis. Il se retrouve au centre de la diplomatie internationale au commencement du IIIème Reich, Hitler étant chancelier. Sa fille, adulte, frivole, va se retrouver elle aussi, au milieu des dirigeants nazis, à accumuler les conquêtes, avec toute la naïveté d'une adolescente.
Dans une Allemagne humiliée, endettée, naît une haine incommensurable, commanditée par des assassins, de psychopathes en puissance. Attisée par un charisme et une peur insondable, le peuple allemand s'enfonce dans le nazisme, fermant les yeux sur les exactions les plus impitoyables. Les pays frontaliers, dont la France fait partie, comme les autres sentent le vent tourner, et malgré tout, eux aussi, se cache de l'horreur qui se trame.
C'est affligeant comment un peuple a pu adhérer à des idées aussi archaïques et tomber dans une dictature meurtrière, en faisant du "juif" la cause de leurs maux, en autorisant la stérilisation puis l'annihilation des malades mentaux, en se réarmant à outrance, et tout cela, sans qu'aucun état ne bouge le moindre petit doigt.
J'ai aussi été complètement abasourdi en lisant ces pages. L'isolationnisme des États-Unis les pousse à fermer les yeux, et dans ce marasme politique, seul un homme combat pour le rétablissement de la démocratie dans un pays qu'il a aimé et qu'il ne reconnaît plus, il deviendra la risée de ses pairs, et pourtant, seul, il aura compris ce qui se tramait.
En réalité, ce roman nous raconte comment la plus grande catastrophe de toute l'humanité aurait pu être évité. Ce livre est électrochoc, rien n'est faux ou interprété, tout n'est que pure et simple vérité, c'est encore plus sidérant de le savoir.
Un roman historique, un vrai thriller, avec le dénouement tragique que nous connaissons, mais que nous ne comprenons plus.
Je remercie Babelio et Cherche midi pour ce partenariat.
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babelio
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20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 19:47

résistancefrancaiseÀ partir d’archives neuves et de témoignages inédits, Olivier Lalieu révèle l’histoire de la résistance des déportés français dans le camp de Buchenwald : l’heure du choix d’entrer en résistance ou non, le combat des déportés politiques contre les droits communs, les rivalités entre Gaullistes et Communistes, les circonstances exactes de la libération du camp, le 11 avril 1945. Tout y est dit, simplement. La vérité, sans état d’âme. Polémique et procès ont nourri, sali, malmené l’histoire de la  résistance au sein du camp de Buchenwald. Quel était le rôle exact des communistes français au sein de l’administration du camp ? Qui décidait du tri des vivants et des morts ? Plus de soixante ans après la Libération du camp, Olivier Lalieu rouvre le dossier Buchenwald.
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Olivier Lalieu, historien au Mémorial de la Shoah à Paris, est également l’auteur de La Déportation fragmentée. Les anciens déportés parlent de politique (Boutique de l’histoire, 1994) et de nombreux articles ou communications sur la mémoire de la déportation. Jorge Semprun,ancien déporté à Buchenwald, a rédigé la préface de ce livre.

 

La Résistance française à Buchenwald est un essai de Olivier Lallieu, sur un point, presque un détail, précis de la vie des camps de concentration nazis pendant la seconde guerre mondiale. Vous l'aurez compris, ce n'est pas une fiction, et l'histoire relatée n'est pas romancée. C'est un véritable exposé, détaillé, travaillé, sur la résistance des français dans l'un des camps les plus connus, Buchenwald.

Il y est présenté les débuts de ce camp, sa construction et son fonctionnement, le mélange des nationalités, la haine qu'entretient le système nazi entre les détenus en en promulguant certains pour mieux assouvir d'autres, la violence qu'engendre ce nouveau tissu social, complètement bouleversé par rapport à la vie civile, et la souffrance de ses détenus. Puis vient une biographie des personnages qui ont mené cette résistance, en citant les faits importants, en ne s'attachant qu'à trouver une explication pour définir les traits qui les ont menés à se démarquer, sans jugement, sans héroïsme, sans prétention.

Mais cet essai met la lumière sur des zones d'ombres, trop souvent ignorées, longtemps occultées. La vie dans ce camp, ou plutôt la survie, s'est malheureusement faite au détriment d'autres vies. Avec impartialité, l'auteur nous présente les manipulations des listes de noms envoyés dans les camps de travail au taux de mortalité effarant, les petits concerts organisés pour détendre les détenus, jusqu'à la libération de Buchenwald.

Ce livre, cet essai, permet de combler jusqu'alors une lacune dans nos connaissances historiques, ou plutôt dans notre ignorance collective sur ce qu'entrepris des hommes convaincus et résistants contre le nazisme quelque soit leurs origines et les convictions. Il faut remercier l'auteur, Olivier Tallieu, pour ce travail titanesque, ce travail de fourmi pour réunir toutes les informations et les ordonner. Il faut aussi remercier l'éditeur, Tallandier, de proposer cet essai, à un prix très attractif, en remerciement peut-être d'un homme passé dans ses murs et dont la résistance dans ce camp reposait dessus, du moins en partie.

Je remercie pour cette lecture extrêmement instructive et intéressante Newsbook et Tallandier  pour ce partenariat.

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newsbook

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