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14 février 2014 5 14 /02 /février /2014 08:58

eauxfortesEcrites entre 1928 et 1933, les Eaux-fortes de Buenos Aires sont autant d'instantanés de la capitale argentine, de ses habitants, de ses coutumes et de son art de vivre. Car il y a bien une faune et une flore particulières à l'endroit : ses jeunes oisifs plantés devant leur seuil, ses chantiers de construction pillés de leurs briques, ses maisons de tôle ondulée aux couleurs passées... Chaque curiosité fait l'objet d'une eau-forte, petit bijou littéraire savamment rythmé par un auteur qui n'a peur ni des écarts de langage ni des mélanges peu orthodoxes. Il en ressort un tableau vivant et mouvant de la ville, une oeuvre urbaine et moderne.

 

Ce récit est un recueil d'articles écrit par Roberto Arlt pendant quelques années dans un journal argentin dans la première moitié du siècle dernier. Ces eaux-fortes se reconnaissent par un style critique et acide.
Il faut apprécier les écrits de ce type. Le genre de courts récits qui critiquent celles et ceux qui font quelque chose dans leur vie, que ce soit bien ou mal, mais qui font quelque chose. Le genre de courts récits écrits par une personne critique mais qui à part fournir un billet hebdomadaire avec difficulté ne fait rien d'autre à part critiquer.
J'avoue ne pas avoir aimé, ne pas avoir aimé l'auteur, ni ses écrits. L'auteur parce qu'il montre dans sa critique une haine envers les gens, une certaine rancoeur de la vie ancrée profondément. Il est devenu un personnage tellement aigri qu'il en arrive à devenir méchant. Ses écrits parce qu'il raconte la vie de gens qui se lèvent le matin tôt pour aller travailler, rentrent le tard soir et réalisent cela six jours sur sept, toute une vie, sans aucune autre possibilité. Ses écrits parce que la critique facile sur le physique m'a insupportée, m'a dégoûté. Arlt, un auteur reconnu, un journaliste finalement sans grand talent qui juge sur l'apparence physique de la vie des gens qu'ils croisent est tout simplement honteux. Dans une époque difficile comme l'Argentine pouvait la vivre, se moquer des gens, et en vivre aisément, est tout bonnement une honte. En rire, encore plus. J'imagine un Roberto Arlt n'aimant pas sa personne, un peu laid et aigri de son manque de succès aupr ès de la gente féminine qu'il n'aime plus suite à de réguliers chagrins d'amour, finissant seul sur son lit, dans sa petite chambre aux allures spartiates, conservant dans un mélange de plaisir et de haine, une photo de sa maman dans un cadre caché. Une chambre dans laquelle il n'accueille personne, préférant la laisser le jour pour parcourir les rues de Buenos Aires, s'imaginant les pires vacheries à l'encontre des gens qu'il croise en les jugeant de par leur physique. Ces récits montrent un personnage complexé sans passion ayant seulement eu la chance de poursuivre des études pour apprendre à bien écrire des saloperies.
J'aime ce que Asphalt fait mais ce livre ne m'a pas plu.
Je remercie Libfly et Asphalte pour ce partenariat.
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commentaires

Marc 23/03/2014 01:04

...En effet... très dur d'écrire pour des gens qui ne lisent pas... voire impossible. Mais par ailleurs : les eaux-fortes ont eu à leur époque la faveur du grand public et ont été très longtemps
décriées par les critiques littéraires et les gens bien comme il faut. C’est dans les années 1960 que Roberto Arlt a été relu et revendiqué, au même moment où des hommes et des femmes remettaient à
peu près tout en question en Argentine. Parmi ses plus grands défenseurs, les fils de personne, les fils des humiliés et c’est entre autre cela qu’ils ont revendiqué : le ton hargneux, la rancœur.
Parmi tant d’autres choses.

Skritt 20/03/2014 18:59

... écrit pour et lu par des gens qui savaient couramment lire... certainement pas la majorité des gens de cette époque et encore moins les défavorisés...

Elisa 20/03/2014 04:16

C’est sûr que le terme “vache” peut bien s’appliquer à Roberto Arlt. Et qu’il a une acidité bien à lui. Mais dans le cas de ce recueil précis c’est une caractéristique parmi d’autres. D’autres
lectures sont possibles. Car dans ces mêmes eaux-fortes, Arlt est du côté de la petite-fille qu’on empêche de jouer avec la belle poupée, du côté du travailleur qui n’en finit pas de chercher du
travail, du côté de la repasseuse (et Dieu sait que souvent il en a après les femmes), du côté des mères et en particulier des mères les plus humbles, du côté du vendeur « turc » qui traine ses
tapis et rêve de rentrer chez lui. On pourrait donner bien d’autres exemples. Un homme qui ne serait que blasé n’aurait pas pu écrire un texte comme « La sympathie humaine ».

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