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7 septembre 2010 2 07 /09 /septembre /2010 19:10

dernierjourcondamne

«Encore six heures et je serai mort. Est-il bien vrai que je serai mort avant la fin du jour?» Bientôt, sa tête roulera dans la sciure. Jugé, emprisonné, enchaîne, il attend dans l'épouvante. Sa grâce lui a été refusée. «J'ai peur» - et notre peur grandit avec la sienne. L'aumônier viendra, puis les assistants du bourreau. Il montera dans la charrette, traversera la foule hideuse buveuse de sang. Au bout de la marche au supplice, l'apparition de la guillotine, et l'échelle qui mène à l'échafaud. On dit qu'on ne souffre pas, que c'est une fin douce, mais qui le sait?

On ne sait rien de cet homme que la justice va assassiner, sinon qu'il est trop jeune pour mourir. Avec lui, nous vivons ce cauchemar, cette absurdité horrifiante de la peine capitale que personne avant Victor Hugo n'avait songé à dénoncer.

 

Quelle belle manière aura utilisé Victor Hugo pour combattre cette absurdité qu'est la peine capitale encore en application dans bien des pays. Ce texte est écrit à la première personne, nous nous retrouvons à la place de ce condamné dont on ne connaît, ni son âge, bien que l'on comprenne qu'il est trop jeune pour mourir, ni son nom, ni son travail. Il a une famille, une femme et une petite fille. Au delà de sa mort, il dénonce aussi la souffrance de sa famille.

De ce condamné, nous ne connaissons que sa condamnation, la peine capitale. La guillotine, inventée pour rendre à la mort sa dignité, dont l'inventeur se verra refuser le brevet par la France, encore une contradiction "à la française".

Nous ne saurons pas quelle faute aura t-il commis, mais mérite t-elle la peine capitale. Qui mérite la mise à mort ?

Ce dernier jour est horrible, trop vite passé. Les acteurs de cette mise à mort sont autour de ce condamné, soudain respectueux, craintif, ils vont lui voler sa vie, lui ôter ce que nous avons de plus cher.

Victor Hugo nous emmène dans les geôles, sales et impersonnelles, ou les condamnés, les célèbres comme les anonymes, essayent de laisser une trace de leur passage sur cette terre.

C'est poignant, mais c'est loin d'être de la fiction. La France n'a aboli la peine capitale qu'en 1981. Combien d'hommes et de femmes auront eu la tête tranchée pour un crime qu'ils auront commis ou pas. Victor Hugo nous délivre non pas une nouvelle, mais un cri de rage, de désespoir, contre la bêtise humaine.

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commentaires

Marie 18/09/2010 18:29


J'ai lu ce livre il y a quelques mois et j'ai beaucoup aimé la manière dont Victor Hugo a dénoncé la peine de mort, avec des exemples sensibles et un discours très moderne même encore à notre
époque...


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