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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 08:34

sorbonagreEn 1932, Alain, le professeur Émile Chartier (1868-1951), qui a enseigné en khâgne au lycée Henri-IV pendant près de vingt ans, publie le fameux recueil de ses Propos sur l’éducation. C’est en 1906 qu’il met au point cette forme littéraire qu’il affectionnera jusqu’à la fin de sa vie : il donne alors de brefs billets très incisifs à La Dépêche de Rouen et de Normandie. Bon nombre d’entre eux concernent ce qui est le combat majeur d’Alain : l'instruction, l’enseignement de la démocratie, l’émancipation de l’esprit et de l’intelligence. Les 48 propos sur ce sujet parus entre 1906 et 1914 sont ici rassemblés pour la première fois, ils n’avaient jamais été réédités. Plusieurs gardent une grande justesse d’appréciation de l’institution scolaire qui, en dépit de son idéal républicain affirmé, défaille : un enseignement positiviste pour formater les esprits ; la tentation du réformisme et la novation pédagogiste permanente ; la difficile lutte contre la bêtise et la soumission. Ces 48 propos d’un Normand sont suivis de deux propos inédits : l’un, retrouvé récemment dans les manuscrits d’Alain et qui aurait pu être rédigé pendant la Première Guerre mondiale pour Le Roi Pot ; l’autre, destiné à une revue de gauche roumaine qui devait se voir interdire de publication en 1940, est une formidable conclusion : il n’y a d’autres issues pour l’humanité que de cultiver le culte de l’esprit. Quelques mots appelant à cette véritable Grande Révolution, quelques mois avant le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale.

 

Ce petit ouvrage regroupe 50 billets d’Emile Chartier, dit Alain, instituteur au début du XXème siècle qui sont parus dans da la presse de l’époque. Il dresse un bilan catastrophique de l’enseignement de l’époque et propose parfois des solutions. Il part généralement d’un constat suite à une conversation ou un courrier pour écrire son article. Un siècle plus tard le constat est équivalent, les solutions pour beaucoup toujours pas appliquées. La critique parfois est sévère, mais reste objective tout de même. La prise de recul par rapport à la profession était nécessaire et même aujourd’hui, les grands réformateurs n’en ont pas eu. Alain explique pourquoi ils n’y arrivent pas, pourquoi ils n’y arriveront jamais, et surtout, pourquoi les prochaines générations ne risquent pas d’y arriver. Alain c’est un professeur qui aime l’enfant, le considère, sentiment rare à l’époque, qui l’est moins aujourd’hui, mais qui reste présent. Vous qui peut-être lirez ce petit ouvrage comprendrez donc mieux les réactions de tel professeur, de tel adulte, lorsque vous étiez encore élève. Parce que même écrit en aux alentours de 1911, ces billets un siècle plus tard, en 2011, gardent un caractère très contemporain. Une critique qui datent mais qui restent toujours d’actualité.

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