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29 décembre 2011 4 29 /12 /décembre /2011 08:00

121cvL’auteur Pierre Lamalattie est né à Paris en 1956. Il apprend très tôt les bases de la peinture à l’huile grâce aux conseils et à l’expérience de l’artiste Léo Lotz. Au cours de ses études à l’Agro de Paris, nombre de voyages et de rencontres contribuent à entretenir son goût pour l’art pictural. Après avoir travaillé comme médiateur social et enseigné quelques années la gestion des ressources humaines, il décide en 1995 de se consacrer uniquement à la peinture. Son travail, résolument figuratif et férocement ironique, propose notamment une réflexion sur la vie contemporaine au travail. Seul ou avec d’autres artistes, il expose régulièrement ses œuvres en France (www.lamalattie.com). 121 curriculum vitae pour un tombeau est son premier roman. Le livre Au cours d’un trajet en voiture avec sa mère malade, Pierre, un artiste râleur, a un déclic. Ce jour-là, il décide d’entreprendre enfin quelque chose de sérieux : peindre un cycle de 121 portraits de femmes et d'hommes de son temps, chacun représenté par une sorte de CV ; un « tombeau », au sens où l'entendent les musiciens, c'est-à-dire un hommage solennel à des personnes vivantes ou disparues. Cet étonnant roman, au style très corrosif, raconte l'aventure d’un peintre parti à la recherche de ses modèles. Six mois de la vie d’un « type inoffensif » durant lesquels les gens qu'il rencontre lui paraissent extraordinairement drôles, extravagants et tragiques. Six mois qui s'achèvent au moment de l’inauguration de son exposition et de l'enterrement de sa mère. « Deux événements minimes. »

 

Avantde commencer cette chronique, je tiens à remercier Les Agents Littéraires et l'Editeur pour ce partenariat.

Ce roman, indissociable de Portraits du même auteur, nous raconte comment l'artiste monte son projet, une exposition de peinture intitulée 121 curriculum vitae pour un tombeau. Dans la vie de tous les jours, son travail, ses rencontres, ses méditations, nous parvient la construction d'une œuvre contemporaine, non pas vu par un visiteur dans une galerie, mais vu par l'artiste lui-même.

Pierre est fonctionnaire dans un ministère, il travaille à mi-temps. Son temps libre se passe dans son atelier. Il s'occupe de sa mère. Célibataire, la cinquantaine passée, il papillonne d'une femme à une autre.

Le roman aura eu le mérite de me faire réagir. L'idée est originale. Faire partie de lœuvre en découvrant comment elle est composée est réellement intéressant. L'idée et la réflexion que l'auteur s'impose malgré lui est constructive et très contemporaine, d'actualité.

Mais ce roman m'a paru trop long. La moitié est superflue. Je me moque de savoir si le peintre utilise de l'huile de morue ou de phoque pour ses toiles et c'est complètement inutile de nous expliquer la différence entre le format A4 et A5. Des paragraphes détaillés sont nombreux et n'apporte rien à l'histoire. Heureusement que l'auteur a un atout non négligeable, il écrit très bien. C'est d'une grande fluidité et entraînant malgré son mode de vie assez casanier. Le personnage me paraît antipathique. Il avoue lui-même être un fainéant, avoir un poil dans la main, et logiquement il travaille dans la fonction publique. C'est désolant de constater qu'il n'est pas le seul dans ce cas à se tourner les pouces. Et finalement, à défaut d'avoir un métier constructif et épanouissant, dans lequel il se complaît, il utilise toute son énergie à créer. Il s'offusque presque que de nos jours les gouvernements prêtent moins d'importance à l'art, mais se rend-il compte que grâce à son emploi tranquille il peut s'investir dans sa passion. Peu de gens ont cette chance et il n'en a pas conscience. Fils à maman, reproche d'une de ses conquêtes, il n'aura jamais réussi à tenir une femme longtemps, s'en lassant trop rapidement comme un adolescent attardé. Grosso modo, ce roman est l'histoire d'un petit dandy sans prétention, sans ambition, un gamin qui a les moyens de pouvoir vivre tranquillement. C'est frustrant, surtout de nos jours, quand la France trime, d'autres écrivent leur totale insouciance. L'histoire bien qu'alourdie inutilement est intéressante, le personnage paradoxalement l'est beaucoup moins.

Vous l'aurez compris, j'ai un avis très mitigé sur ce roman. Autant il m'a agacé, irrité, énervé parfois, autant, j'ai apprécié de découvrir le cheminement d'une œuvre vu par son artiste, de lire certaines réflexions. Ce roman plaira, je n'en doute pas, mais décevra aussi comme j'ai pu l'être malheureusement. A lire en feuilletant Portraits qui ne peut être dissocié.

Je remercie  Les Agents Littéraires et l'Editeur pour ce partenariat.

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20 décembre 2011 2 20 /12 /décembre /2011 08:49

portraitsPierre Lamalattie peint des hommes et des femmes du quotidien, des personnages dont se dégagent un mélange de déceptions ordinaires et d’aspirations au sublime. À travers 121 portraits résolument figuratifs et férocement ironiques, l’artiste construit une réflexion autour des thèmes de l’emprise du monde du travail sur les individus et du poids des nouveaux moralismes. Insolentes et critiques, les courtes phrases qui accompagnent chaque portrait conduiront immanquablement le lecteur à rire lorsqu’il y reconnaîtra l’une ou l’autre de ses connaissances…

 

Avant de commencer cette chronique, je tiens à remercier Les Agents Littéraires et l'Editeur pour ce partenariat.

Ce livre n'est pas un roman, c'est un recueil de portraits, peints par l'auteur. Une centaine de personnes sont passées sous le pinceau du peintre pour laisser leur empreinte sur une toile, indélébile. Le peintre, contrairement aux autres peintres, écrit sur ses œuvres. Elles ne se suffisent pas à elles-mêmes, le texte ajoute la profondeur, la compréhension. Autant, comme il explique très justement, lorsque vous regardez une peinture, arrivez-vous à capter tous les sentiments, toutes les idées que son artiste aura voulu communiquer, certainement que face à certaines œuvres, nous passons à côté de beaucoup, des détails peuvent paraître insignifiants et pourtant ils ont toutes leur importance. L'auteur ici, a voulu abolir cette frontière de l'incompréhension du badaud face à son œuvre. En y ajoutant quelques mots, une phrase, il invite le lecteur à entrer profondément dans son œuvre, à découvrir toutes les facettes de ses portraits.

Les portraits sont bien réalisés, je déplore le fait de ne pouvoir les contempler autrement que sur du papier glacé, et extrêmement réalistes. L'atout de ce petit livre est dans la qualité du travail du peintre. En feuilletant ce livre, on a la sensation de se trouver dans la rue, à croiser des gens différents, beaux ou moches, petits ou grands, jeunes ou vieux, à découvrir leurs pensées sur l'instant, ou leur vertu profonde, leur âme.

Ce livre accompagne 121 curriculum vitae pour un tombeau du même auteur, il en est indissociable.

Je remercie Les Agents Littéraires et l'Editeur pour ce partenariat.

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15 septembre 2011 4 15 /09 /septembre /2011 18:30

stupeurAu début des années 1990, la narratrice est embauchée par Yumimoto, une puissante firme japonaise. Elle va découvrir à ses dépens l’implacable rigueur de l’autorité d’entreprise, en même temps que les codes de conduite, incompréhensibles au profane, qui gouvernent la vie sociale au pays du Soleil levant.
D’erreurs en maladresses et en échecs, commence alors pour elle, comme dans un mauvais rêve, la descente inexorable dans les degrés de la hiérarchie, jusqu’au rang de surveillante des toilettes, celui de l’humiliation dernière. Une course absurde vers l’abîme – image de la vie –, où l’humour percutant d’Amélie Nothomb fait mouche à chaque ligne.
Entre le rire et l’angoisse, cette satire des nouveaux despotismes aux échos kafkaïens a conquis un immense public et valu à l’auteur d’Hygiène de l’assassin le Grand Prix du roman de l’Académie française en 1999.

 

Avant de commencer cette chronique, je tiens à remercier Partage Lecture et Rue aux Livres pour ce partenariat.

Stupeur et tremblements raconte l’expérience de l’auteure au Japon dans une grande entreprise au service comptabilité. L’univers de l’entreprise y est décrit ici avec les yeux d’une européenne. Arrivée à son poste, elle est soumise à des tâches ingrates et se retrouvent très rapidement à devoir faire le service du café. Elle tente de se rendre utile, mais l’esprit d’initiative au pays du soleil levant est très mal perçu. Loin de la mentalité occidentale, Amélie Nothomb se confronte aux dogmes ancestraux et incompréhensibles pour les « blancs » que nous sommes.

Le récit ne traite que son séjour professionnel au Japon, à aucun moment il ne sera fait mention de sa vie privée, mais l’année qu’elle passe au sein de cette entreprise défile rapidement, pour elle, comme pour nous, lecteurs pris dans son tourbillon de déboires.

L’écriture est enthousiaste, faisant ressortir sa passion, presque son idolâtrie pour ce peuple et ses coutumes. Elle avoue à demi-mot son attirance pour sa supérieure hiérarchique, une belle femme, grande et mince, au visage angélique, capable des jouissances les plus avilissantes – elle rétrograde Amélie au rang de nettoyeuses de chiottes, mais jamais elle ne ressent de la haine, toujours à pardonner et à l’aimer, amicalement bien sûr.

La fluidité du récit comme la facilité de la lecture est un atout important de la réussite de ce roman. Stupeur et tremblements mérite son prix, l’auteure sa renommée. A lire, à découvrir, un moment d’incompréhension de deux personnes, de deux peuples, hilarant.

Je remercie Partage Lecture et Rue aux Livres pour ce partenariat.

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