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Littérature étrangère

Dimanche 14 octobre 2012 7 14 /10 /Oct /2012 08:27

dedans À l’âge de onze ans, et en accord avec sa lignée et la tradition, Songan devient membre de la nécromancie. Dans cette partie de l’Afrique, être en contact avec les morts est plus qu’un privilège, c’est une responsabilité et un pouvoir. Mais comme beaucoup de jeunes Africains, Songan rêve aussi de voir le monde et de découvrir la ville moderne. Un voyage périlleux, car on ne se coupe pas de la tradition sans en payer le prix…
L’Afrique doit-elle se recroqueviller sur elle-même pour garder son identité? Dedans ou dehors pose avec acuité et force l’opposition entre tradition et modernité qui secoue aujourd’hui le continent noir. Dans ce roman envoûtant sur le lien à la mort et aux ancêtres, la question des valeurs va de pair avec celle des privilèges, car il ne suffit pas d’être noble pour être respectable. Comme le dit si bien Songan: "Nous devons nous ouvrir au monde comme le monde s’offre à nous."

 

Avant de commencer, je tiens à remercier Les Agents Littéraires et les éditions Publibook pour ce partenariat.

Dedans ou dehors est un récit qui se déroule en Afrique. C'est l'histoire de Songa, un jeune garçon issu d'une tribu, qui est initié à la nécromancie. Enlevé par sa belle-famille, il grandit loin de ses parents et de ses croyances. A la ville, il découvre le christianisme et s'oppose ouvertement aux traditions de sa tribu et de sa famille.

Ce récit est un témoignage de la culture profonde de l'Afrique. Les croyances et les traditions d'une tribu y sont relatées, méticuleusement, presque cliniquement. Songa que l'on suit dans sa vie est un jeune homme perdu entre son propre arbitre et les décisions des anciens qui priment sur tout les membres d'une même famille, d'une même tribu. Comme l'explique si bien ce roman, Songa est finalement perdu entre ses propres envies, ses propres aspirations, et l'intérêt de la tribu et de la famille.

Par ce récit, l'auteur rend hommage aux traditions séculaires de l'Afrique, en conflit avec la modernisation. Comment ces croyances peuvent-elles subsister face à la puissance de la nouvelle ère qui envahit l'Afrique jusque dans les moindres contrées, même éloignées, même enclavées, même difficiles d'accès.

L'écriture est assez pointilleuse, dépassant parfois la fiction, tel un documentaire, il ne manque plus que les images. Mais dans ce récit, on sent le poids, lourd, sur les épaules de l'homme entre deux vies, celle de ses anciens, de la famille, et l'autre, celle de l'avenir de l'Afrique.

L'auteur pose une question. Comment l'Afrique peut-elle évoluer sans abandonner sa culture ? Un travail qui sera difficile mais peut-être pas impossible.

Je remercie Les Agents Littéraires et les éditions Publibook  pour ce partenariat.

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Vendredi 21 septembre 2012 5 21 /09 /Sep /2012 08:14

levieuxqui Alors que tous dans la maison de retraite s’apprêtent à célébrer dignement son centième anniversaire, Allan Karlsson, qui déteste ce genre de pince-fesses, décide de fuguer. Chaussé de ses plus belles charentaises, il saute par la fenêtre de sa chambre et prend ses jambes à son cou. Débutent alors une improbable cavale à travers la Suède et un voyage décoiffant au cœur de l’histoire du XXe siècle. Car méfiez-vous des apparences ! Derrière ce frêle vieillard en pantoufles se cache un artificier de génie qui a eu la bonne idée de naître au début d’un siècle sanguinaire. Grâce à son talent pour les explosifs, Allan Karlsson, individu lambda, apolitique et inculte, s’est ainsi retrouvé mêlé à presque cent ans d’événements majeurs aux côtés des grands de ce monde, de Franco à Staline en passant par Truman et Mao...

 

Allan est un vieux bonhomme. Le jour de ses cent ans, il s'enfuit de la maison de retraite. Son périple commence dans la gare où il rencontre un guichetier peureux et un homme à la mine patibulaire à qui il vole une valise. Les ennuis vont commencer ici. Entre fuite vers l'avant et souvenirs d'un passé lointain, l'anniversaire d'Allan prend une tournure épique.

Je pourrais comparer ce roman au film Forrest Gump. Rappelez-vous, Forrest est un homme simple qui par mégarde, et avec beaucoup de chance, rencontre les plus grandes célébrités de son époques. Au même titre que ce héros du grand écran, Allan rencontre aussi les grandes figures du siècle, de Staline à Mao Tsé-tung en passant le Président Truman ou encore Churchill. Dans ses actes les plus anodins, et avec sa philosophie de la vie la plus simple qu'il soit, il voyage dans le monde entier, aide et participe au conflit révolutionnaire espagnol, à mettre au point la bombe atomique, à déjouer un attentat, à détruire une ville... Ces rétrospectives qui égrènent le roman nous permettent de connaître le vieillard de cent ans qu'il est devenu et pourquoi il se comporte ainsi. Et le pire, c'est qu'il souhaite vivre sa vie le plus simplement possible sans demander quoique ce soit mais le destin le pousse toujours vers la sortie la plus improbable. Et dans les situations les plus épineuses, il arrive toujours à s'en sortir avec un retournement de situation aussi farfelu que plausible.
L'écriture est facile. Sans lourdeur, elle permet au récit de prendre l'ampleur souhaité. Nous avons presque à faire à un récit d'aventures où s'enchaîneraient les actions à la manière d'un film. C'est d'ailleurs cet atout qui ressort du roman, c'est la manière très cinématographique que l'auteur utilise pour nous conter l'histoire et lorsque vous le commencerez, vous aurez du mal à le refermer avant la fin.
Les personnages et particulièrement le personnage principal, Allan, sont attachants, décrits autant physiquement que psychologiquement de façon très correcte, afin de pouvoir s'en faire une idée proche de ce que l'auteur s'imagine. Les rebondissements vous tiendront en haleine jusqu'à la fin. C'est un très bon roman, original, qui se laisse lire, où l'humour côtoie allègrement l'action.

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Mardi 14 août 2012 2 14 /08 /Août /2012 08:01

centans Une épopée vaste et multiple, un mythe haut en couleur plein de rêve et de réel. Histoire à la fois minutieuse et délirante d'une dynastie : la fondation , par l'ancêtre, d'un village sud-américain isolé du reste du monde ; les grandes heures marquées parla magie et l'alchimie, ; la décadence ; le déluge et la mort des animaux. Ce roman proliférant, merveilleux et doré comme une enluminure, est à sa façon un Quichotte sud-américain : même sens de la parodie, même rage d'écrire, même fête cyclique des soleils et des mots. Cents ans de solitude, compte parmi les chefs-d'œuvre de la littérature mondiale du XXe siècle. L'auteur a obtenu le prix Nobel de littérature en 1982.

 

Avant de commencer cette chronique, je tiens à remercier Livraddict et Point 2 pour ce partenariat.

Nous nous trouvons à Macondo, village d'Amérique latine, où vit la famille Buendia qui l'a fondé. Pendant un siècle, nous suivons une génération après l'autre la vie du village au sein de la famille Buendia. Ce village isolé, devient ainsi le centre d'histoires aussi magiques que mystérieuses dans un pays en guerre.

Cent ans de solitude conte donc l'histoire d'une seule et même famille. Les personnages sont une multitude, et nous découvrons au fil de leur vie l'évolution du village et du pays. Et malheureusement, il semble y avoir trop de personnages dans ce roman au point que l'auteur n'arrive pas à nous faire focaliser sur l'un ou l'autre, nous empêchant ainsi de nous identifier, et donc de nous installer dans l'histoire. Malgré tout, l'histoire est complexe et complète. Nous suivons la vie de cette famille qui agit pour et contre son entourage, dans ce village perdu. Grâce à l'évolution dans le temps de ces personnages, nous apprenons l'histoire d'un pays, de la guerre qui y fait rage, mais aussi des conflits qui se déroulent ailleurs sur le globe, et aussi des nouvelles plus rassurantes bien que la plupart qui arrivent au village sont toujours assez morbides.

L'écriture de Gabriel Garcia Marquez est assez poétique. Belle et facile à lire, elle est l'atout de ce roman. Dans une approche très lyrique, l'accent chantant de cette écriture est plus qu'un plaisir.

Malgré tout, les descriptions trop longues finissent par ennuyer le lecteur et arrivé au tiers du roman, la fatigue s'installe. J'ai trouvé que ce roman débutait bien mais qu'il se tassait par la suite, donnant envie de le lire au début et devenant lassant ensuite.

Je retiens tout de même le nom de cet auteur que je n'avais jamais lu auparavant car son écriture est vraiment intéressante.

Je remercie Livraddict et les Editions Point 2 pour ce partenariat.

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Dimanche 17 juin 2012 7 17 /06 /Juin /2012 08:31

shangria Dennis Keith, alias DK, cinquante-huit ans, cent quinze kilos, vit camouflé derrière ses Ray-Ban et retiré dans un village de retraités avec sa vieille mère, ses troubles obsessionnels compulsifs et sa paranoïa. L'arrivée d'une jeune journaliste vient perturber sa routine : elle compte écrire sa biographie pour faire enfin le jour sur son passé et sa carrière mythique. Car DK, jeune prodige de la Gold Coast et premier champion du monde de surf, était une légende dans les années 1970. Bon gré, mal gré, il accepte de se replonger dans ses souvenirs : la succession de compétitions, sa dépendance aux drogues, la rivalité avec son frère, sa petite amie assassinée...

Shangrila est un roman sur la culture surf, sa médiatisation progressive, mais aussi un grand livre sur l'ambition et la célébrité.

 

Avant de commencer cette chronique, je tiens à remercier Babelio et Asphalte pour ce partenariat.
Une journaliste vient interroger une figure du surf des années 70 pour écrire un article biographique. Elle est confronté à un retraité vivant avec sa mère parlant toujours comme un adolescent. Se raconte dans ses pages la vie en Australie dans les années 60 et 70, au commencement de la culture mondiale du surf, avant sa médiatisation à outrance. Comment les jeunes et les moins jeunes de l'époque innovaient pour dompter les vagues. Comment un petit garçon abandonné, adopté, devient le meilleur. La vie de cet adolescent lié à l'eau pour toujours.
L'écriture est un peu difficile. Le narrateur écrit comme le personnage parle et pense. Les premières pages sont donc assez dures à la lecture, mais finalement, l'habitude permet par la suite de prendre plus d'aisance avec le style.
L'histoire de DK, un champion des années 70 de surf, l'inventeur même du surf moderne pour les puristes, est en réalité une rétrospective sur cette époque. Une immersion dans l'Australie, dans une famille pauvre, où un génie va redonner vie à un sport qui se meurt, par son ingéniosité, son intelligence et sa ferveur. Le personnage de DK, à près de soixante ans, raconte sa jeunesse, son amour pour sa famille, sa maman et son frère, le surf, et sa petite copine. C'est touchant, même si le personnage peut être parfois agaçant, il est tellement authentique, lorsqu'il se confie, dans sa pudeur, qu'il est réellement vivant. L'atout de ce roman passe par la vie de cet homme, décalé avec son temps, lorsqu'il était jeune, et maintenant qu'il vieillit. En avance lorsqu'il était adolescent, complétement largué aujourd'hui.
Ce roman est un réelle immersion dans les années 70 en Australie aux côtés d'un junkie, pur génie du surf, confronté à ses obsessions. Un bond dans le passé et dans un univers assez mal connu. Et malgré un début un peu laborieux, ce roman est un réel plaisir de lecture, une très belle découverte...
Je remercie Babelio et Asphalte pour ce partenariat.
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Jeudi 8 mars 2012 4 08 /03 /Mars /2012 20:30

eauelephants Ce roman pas comme les autres a une histoire exceptionnelle : en quelques mois, il a fait d’un auteur inconnu un véritable phénomène d’édition, le coup de coeur de l’Amérique. Durant la Grande Dépression, dans les années 1930, les trains des petits cirques ambulants sillonnent les États-Unis. Jacob Jankowski, orphelin sans le sou, saute à bord de celui des frères Benzini et de leur « plus grand spectacle du monde ». Embauché comme soigneur, il va découvrir l’envers sordide du décor. Tous, hommes et bêtes, sont pareillement exploités, maltraités.
Sara Gruen fait revivre avec un incroyable talent cet univers de paillettes et de misère qui unit Jacob, Marlène la belle écuyère, et Rosie, l’éléphante que nul jusqu’alors n’a pu dresser, dans un improbable trio.
Plus qu’un simple roman sur le cirque, De l’eau pour les éléphants est l’histoire bouleversante de deux êtres perdus dans un monde dur et violent où l’amour est un luxe.

 

De l'eau pour les éléphants raconte la vie dans les cirques des années 30 aux États-Unis. Jacob est étudiant, et souhaite devenir vétérinaire comme son père. Mais un jour, ses parents décèdent dans un accident de voiture. En pleine crise, l'héritage de Jacob est inexistant. Il fuie la ville et grimpe de nuit dans le premier train qui passe. Au matin, il se rend compte que ce n'était pas n'importe quel train. Il transporte un cirque d'une ville à une autre en traversant les États-Unis. Jacob est employé comme manœuvre et rapidement devient le vétérinaire. Il se lie d'amitié avec Kinko, un nain, et tombe amoureux de Marlène, la femme d'August.

Jacob raconte sa vie de ses quatre vingt dix ans, en maison de retraite. Il se remémore dans ses rêves cette partie de son existence difficile et pourtant si heureuse. Ce roman nous plonge dans le monde si particulier des forains, ses nomades qui offrent du plaisir aux « paysans ». Dès les premières pages, nous nous  immergeons dans cet univers à double face, la première, superbe pour les spectateurs qui s'émerveillent devant les artistes et les animaux du monde, l'autre, la seconde, sombre et cruelle, où les vieux chevaux sont donnés en pâture aux lions.

Par une écriture fluide, Sara Gruen vous tient en haleine dans le quotidien de ces gens du voyage qui contre quelques piécettes vous en mettent plein la vue. Les personnages sont travaillés et les descriptions sont précises. Jacob est un jeune homme plein d'entrain que la mauvaise fortune a mis sur le chemin de ce cirque. Ces rêves sont les derniers d'un vieil homme qui se bat dans un corps décrépi et qui le lâche malgré son combat pour garder toute son autonomie.

La vie à cette période nous fait ressentir les odeurs animales et la faim des hommes, nous fait découvrir la violence physique mais aussi celles de leurs conditions de tous les jours, lorsque les employés dorment entassés dans les wagons surchargés à quelques mètres à peine des chevaux, les sentiments les plus durs comme l'indifférence la plus totale pour les plus faibles qui se font jeter du train alors en marche, et les sentiments les plus beaux comme ce jeune homme qui défend ses amis.

De l'eau pour les éléphants est un magnifique roman retraçant la vie dans les cirques il y a près d'un siècle aux États-Unis, avec l'apparence de paillettes cachant la misère et au milieu, un jeune homme perdu qui marque de son empreinte, par ses actes les plus simples, la vie des gens qui l'entourent.

A lire absolument...

Je remercie Marmelade de livres pour sa gentillesse.


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Samedi 14 janvier 2012 6 14 /01 /Jan /2012 17:40

laderniereronde Un champion d'échecs russe participe à un tournoi qualificatif pour le titre mondial. Au fur et à mesure des parties, comme monte progressivement un suspense intense, l’homme vieillissant se remémore les étapes importantes de sa vie : ses succès de jeunesse, sa découverte du haut niveau, ses années de labeur auprès de Karpov, puis son exil en France, loin de cette URSS qui a façonné son destin. Au-delà des peines et des désillusions, au-delà de la solitude, la passion perdure, à fleur de peau. Alors que les rondes se succèdent et que nous partageons ses émotions les plus intimes, son ambition intacte nous porte à espérer : cette dernière ronde le mènera-t-elle enfin à la consécration ?

Un premier roman rare, à la construction haletante, véritable plongée dans l’univers des échecs. Surtout, la radiographie d’un champion qui oscille en permanence entre la nécessité d’accepter ses limites et la poursuite inlassable de son rêve.

 

Avant de commencer cette chronique, je tiens à remercier Libfly et Elyzad pour ce partenariat.
Un septuagénaire fait le bilan de sa vie pendant un tournoi d’échec. Né en Russie, expatrié en France, il nous raconte dans les détails, toute l’intimité de sa vie, ses croyances et ses désillusions, ses victoires comme ses défaites. Sans cachotterie, il nous livre un témoignage de sa vie.
Le roman se déroule pendant un tournoi international d’échec permettant aux meilleurs de pouvoir prétendre au cercle très fermé des Grands Maîtres, champions du monde. Pendant onze confrontations, cet homme nous raconte donc entre deux coups, sa vie.
Entre explications de sa tactique pendant une partie avec des détails poussés à leur maximum en décrivant jusqu’à la case sur laquelle il pose son pion, et mémoires figées, l’auteur nous propose ici plus qu’un témoignage, c’est une vie passée au crible d’un homme qui se confesse à lui même, face à face, entre lui et lui, entre le jeune homme qu’il était et le vieillard qui dresse le bilan d’une vie simple, mais bien remplie malgré tout
J’avoue ne pas trop avoir apprécié les détails des parties d’échec, n’amenant pas grand chose finalement à l’histoire qui elle est poignante. Un résumé succinct de ses onze parties n’aurait rien enlevé au roman.
Avec une écriture très fluide, simple et sans prétention, l’auteur vous fait découvrir cette vie banale, mais malgré tout passionnante. Pas de reproche, ni de jugement, mais avec beaucoup d’humilité, cet homme sait ce qu’il vaut et se raconte à lui-même, avec toujours l’espoir d’un rêve qui ne l’a jamais quitté depuis son enfance, être le meilleur.
Je remercie Libfly et Elyzad pour ce partenariat.

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Jeudi 12 mai 2011 4 12 /05 /Mai /2011 20:16

losersnes Withers est un caïd de la drogue, Romeo est bien placé pour le savoir : il a grandi à ses côtés, jusqu’à devenir un de ses guetteurs. Aujourd’hui, Romeo vend des magazines d’occasion sur un bout de trottoir de la 6è Avenue. Il a trouvé un boulot qui lui plaît, et vient de tomber amoureux d’une cliente qui passe chaque jour devant son étal de revues... Enfin, le destin semble lui sourire.

Jusqu’au jour où Sean Withers réapparaît, pour lui proposer de « parler un peu ». Le frère de Romeo, à peine sorti de prison, s’est à nouveau empêtré dans les magouilles criminelles de Withers. Romeo, cédant peu à peu à la panique, commet un faux pas irréversible, et plongera tout ce petit monde dans une impitoyable guerre des gangs.

 

Avant de commencer cette chronique, je tiens à remercier Libfly et les Editions Seuil pour ce partenariat.

Nous nous retrouvons aux Etats-Unis, dans la rue avec un noir qui pour survivre travaillait il y a encore quelques semaines pour un puissant malfrat, mais qui pour s’en sortir suite à l’incarcération de son frère, change d’orientation professionnelle pour vendre des livres d’occasions. Entre règlements de compte, histoires d’amour pourries et trahison, la police essaye de mener son enquête pour faire tomber un gros bonnet.

Les descriptions physiques des personnages, concises, sont frappantes de vérité. Et on se prend facilement à s’imaginer être aux côtés de Sean dans sa Mercedes. Les dialogues sont succulents, au point d’avoir l’impression d’être entre les deux frères Easley avec une caméra par exemple, ou lorsque Vivian parle de son Zebra. Le comique des situations grâce une technique bien rôdée de l’auteur pour les dialogues nous fait prendre de réels bons moments.

Vous l’aurez compris en lisant ces quelques lignes, l’attrait du roman passe par le travail sur les personnages. Et c’est un vrai plaisir que de suivre l’enquête dans la tête des différents personnages, du jeune un peu naïf, au chef d’entreprise paranoïaque, en passant par la fille un peu simple mais sincère.

Alors, malgré une couverture peu attrayante, ce roman m’a fait découvrir un auteur à l’écriture fluide et sans lourdeur. Un roman que je n’hésiterais pas à conseiller autour de moi. Un bon roman qui se laisse dévorer facilement.

Je remercie Libfly et les Editions Seuil.

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Mardi 29 mars 2011 2 29 /03 /Mars /2011 19:04

lahaut Helmer van Wonderen vit depuis trente-cinq ans dans la ferme familiale, malgré lui. C'est Henk, son frère jumeau, qui aurait dû reprendre l'affaire. Mais il a disparu dans un tragique accident, à l'âge de vingt ans. Alors Helmer travaille, accomplissant les mêmes gestes, invariablement, machinalement. Un jour, sans raison apparente, il décide d'installer son vieux père au premier étage, de changer de meubles, de refaire la décoration de la maison. Le besoin de rompre la monotonie de sa vie et l'envie de mettre fin à ce face-à-face presque silencieux avec un homme devenu grabataire le font agir, plein de colère retenue. Les choses s'accélèrent le jour où il reçoit une lettre de Riet lui demandant de l'aide : Riet était la fiancée de son frère. Elle fut aussi à l'origine de son accident mortel...
En se mettant dans les pas d'un paysan du nord de la Hollande qui, à cinquante-cinq ans, comprend qu'il n'est pas trop tard pour combler ce manque qui le ronge, l'écrivain néerlandais évoque avec une grande force le désir humain de maîtriser sa vie et d'accéder à une forme de vérité intérieure. À la fois précise et poétique, l'écriture de Là-haut, tout est calme entraîne le lecteur dans une inoubliable quête de bonheur.

 

Avant de commencer cette chronique, je tiens à remercier BoB et les éditions Folio pour ce partenariat.

« Là-haut, tout est calme » est l’histoire d’Helmer, un éleveur des Pays-Bas d’une cinquantaine d’années, vivant avec son père, un vieil homme grabataire, dans la ferme familiale. Helmer s’occupe des animaux et de son père, avec un certain fatalisme, comme s’il se sentait obligé de le faire alors qu’il souhaiterait inconsciemment faire autre chose. Mais il ne se plaint pas, ne se sent pas malheureux non plus.

Un jour, il décide de dépoussiérer cette vie qui s’enlise dans l’ennui. Il change les meubles de place, rafraîchit les murs avec une peinture bleue, change sa literie sur les conseils de sa voisine, puis arrive une lettre. Une lettre qui refait revenir Helmer plus trente ans plus tôt, à la mort de son frère jumeau.

Gerbrand Bakker nous offre une histoire avec beaucoup de poésie. On ressent dés les premières pages ce calme routinier, quotidien, d’une vie ennuyeuse au travail, rythmée uniquement par les saisons. Le poids familial est important aussi, la mort du frère, le père malade, pèse sur les épaules du personnage principal. De cette lassitude, seul ce coin perdu des Pays-Bas le vit car l’auteur nous emmène lentement dans la peau d’Helmer, avec une belle écriture, avec fluidité, et sans ennui. Des souvenirs d’enfance nous racontent son passé, pour mieux comprendre son présent, mené dans une tranquillité patiente. Un paysan dans une quête du bonheur. Un roman paisible, magnifique. A lire absolument…

Je remercie BoB et Folio pour ce partenariat.

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Mercredi 16 mars 2011 3 16 /03 /Mars /2011 10:50

alligator Un coin perdu du sud de la France, entre la mer et la montagne. Antoine, nouveau garde-malade, vient au chevet de Rosa, vieille femme fatiguée, usée par la vie. Dans un paysage idyllique, c’est pourtant Haïti qui est au cœur de ce roman où les dialogues prennent des allures de soliloques et où les procès n’ont pas lieu devant un jury. Implacablement, Marie-Célie provoque des rencontres entre un bourreau et sa victime, entre une femme et un homme, un tête-à-tête d’où personne ne sortira indemne. Des années après la mort du dictateur, les blessures sont toujours aussi vives. Pour les panser, certains ont choisi l’exil, d’autres, l’oubli. Chaque fois, il faut partir, partir pour un ailleurs qui est souvent soi. Mais la mémoire veille, brûlante. Alors, il faut parler, dire la douleur, retrouver les mots. C’est ce que fera Antoine, espérant enfin trouver la paix au terme d’une longue errance.

 

Avant de commencer cette chronique, je tiens à remercier BoB et Vents d'ailleurs pour ce partenariat.

Antoine, une victime du règne des Duvalier, retrouve une tortionnaire ayant pris sa retraite et vivant en France. La première partie du roman traite de cet homme usé par son passé qu'il se remémore continuellement. Son repos, il ne le trouvera que lorsque Rosa aura confessé ou avoué ses crimes. Antoine frise la folie.

La deuxième partie du roman traite de Laura, enfant recueillie par Rosa, qui relate à Antoine son passé. Elle aussi aura la sensation de devenir folle, et c'est ensemble qu'ils trouvent un dénouement pour essayer de refaire surface.

L'auteure nous transporte pendant ces années difficiles qu'aura connu Haïti à travers le passé de trois personnages, des victimes et leur bourreau. Un face à faceoù se mêle folie et tragédie.

Une oeuvre que j'ai dévoré. Les personnages sont très attachants, et nous nous retrouvons à haïr cette Rosa, cet alligator, à vouloir pousser Antoine et Laura vers l'avant. Une écriture travaillée et très fluide, nous narrant des horreurs de manière simple, sans faire dans le sensationnel. L'auteure nous livre une belle fiction, un beau témoignage de ces années de peur et de ces victimes qui ont survécu, et qui survivent aujourd'hui, toujours, dans de douloureux souvenirs. Un beau livre.

Je remercie BoB et Vents d'ailleurs pour ce partenariat.

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Mercredi 19 janvier 2011 3 19 /01 /Jan /2011 20:10

icelander C’est jour de fête à New Crúiskeen : on honore la mémoire d’Emily Bean, la célèbre enquêtrice, pourfendeuse du mal et redresseuse de torts. Mais la veille, Shirley MacGuffin a été assassinée ; tous s’attendent à ce que Notre Héroïne, meilleure amie de la défunte et fille d’Emily Bean, se charge elle-même de l’enquête. Sauf que Notre Héroïne se moque bien de pourfendre le mal et de redresser les torts… Pourtant, bien qu’elle n’ait aucune envie d’affronter les redoutables Refurserkir, guerriers mystiques du Vanaheim, elle va devoir reprendre du service.
Hommage étourdissant aux pulps et à la mythologie nordique, entre Pynchon et Jasper Fforde, Icelander comporte en outre un auteur nabokovien, un duo de détectives métaphysiques, un royaume souterrain situé sous l’Islande et une scène mémorable de karaoké scaldique.

 

Avant de commencer cette chronique, je tiens à remercier Babelio et Asphalte pour ce partenariat Masse Critique.

Icelander c'est un Tarantino littéraire, le Pulp Fiction qui se lit. L'histoire démarre tout de même sur une intrigue, le meurtre d'une femme, l'ami de l'Héroïne. Une Héroïne qui ne sera jamais nommé d'ailleurs. D'un prélude qui fait le tiers du livre, nous menant dans des références sur une oeuvre littéraire qui n'existe pas, à des personnages qui ne sont que fictifs, on part ensuite sur une enquête hachée par les points de vue différents des personnages avec des passages qui n'ont rien à voir avec l'histoire, ou alors de loin. Et on finit sur la découverte, par hasard quand même, du meurtrier et d'un dieu humain, ou d'un humain qui se prend pour un dieu "avec une nouvelle fluidité dans son élocution".

L'auteur nous prend sur le fil, et nous tient la main jusqu'au bout. L'exercice est difficile et il y arrive merveilleusement bien, alors qu'il aurait pu nou lâcher, nous nous serions écrasés lamentablement dans une totale incompréhension de son oeuvre. Jusqu'à la dernière page, je me suis demandé "mais qu'est ce que c'est que cette histoire" et pourtant, j'y ai pris énormément de plaisir. L'écriture est très fluide et facile à lire. Un roman décalé pour ceux qui veulent s'amuser.

Je remercie Babelio et Asphalte.

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babelio


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