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Souvenirs et biographie

Dimanche 5 mai 2013 7 05 /05 /Mai /2013 08:32

justkids La grande prêtresse du punk rock revient sur ses années de bohème dans le New York arty des années 70 et sur son amitié amoureuse avec Robert Mapplethorpe, son compagnon de galère et d’inspiration. Énorme succès international, cette fresque nostalgique et enivrante est le premier récit autobiographique de Patti Smith, artiste majeure de ces trente dernières années.

 

Just Kids est l'histoire, réelle, de deux jeunes adultes, tout juste sortis de l'adolescence, vivant à New-York à la fin des années 60, début 70, et qui essayent de vivre de leur art.

Cette biographie romancée par l'un des personnages, Patti Smith, nous fait découvrir l'amour de deux jeunes gens pour la musique, la peinture, et l'art dans tous ses états. Patti Smith et son compagnon Robert Mapplethorpe nous font vivre la vie trépidante, difficile et désinvolte, des artistes américains pendant quelques années, ces années de grande lucidité artistique.

Patti Smith a une grande facilité pour l'écriture, et arrive à nous faire vivre avec une passion dévorante les petits tracas de la vie de tous les jours, et c'est ce qui fait l'atout de ce roman, ce qui fait aussi qu'elle est une artiste différente, elle s'émerveille de tout, s'attend toujours au meilleur, et fonce quoi qu'il arrive. Cette facilité se retrouve dans ses poèmes et dans ses chansons. Elle nous fait découvrir aussi un artiste photographe, en conflit avec soi-même, Robert. Ils forment un couple, un couple d'amoureux, puis un couple d'artistes, le créateur et la muse. Ce roman est une ode à la réussite tant attendue, chère payée aussi, mais tellement belle. C'est un hommage vibrant à Robert Mapplethorpe, son premier amour, dans lequel nous la découvrons, dans sa nature profonde, avec les qualités d'une insouciante jeune femme, qui manie les mots avec aisance, mais aussi les doutes qui la font quelques fois presque abandonner, mais Robert y veille, comme un rempart.

Un roman biographique qui a trouvé le bon ton pour vous tenir d'un bout à l'autre, ne se limitant pas à nous décrire simplement deux êtres qui rencontrent le succès, mais plutôt, qui nous fait vivre une partie de la jeunesse américaine pendant une période artistiquement féconde.


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Vendredi 9 novembre 2012 5 09 /11 /Nov /2012 08:20

lalenteur Dans quel monde vit Hanna ? Elle arrive des États-Unis pour la "ville du bord du lac" début juillet, à l'appel de sa mère qui n'est soudain plus très pressée de la voir. Au gré de ses marches dans la ville brûlante, elle retrouve plusieurs figures majeures de sa vie. Alma, l'amie perdue, Karim, l'amant d'un été, Marika, l'artiste aimée. Pourquoi fait-elle ces rencontres ? Et les retrouve-t-elle vraiment ? Hanna mène à son insu une enquête sur elle-même. Sa mère, qui va mourir, et la tendresse d'Hervé, qui saura lui parler, vont finir de tisser la toile du récit : celui de l'identification d'une femme, lente à venir comme l'aube d'une vie nouvelle. Véritable construction musicale au charme envoûtant, La Lenteur de l'aube est aussi une réflexion sur le silence et l'absence qui accompagnent tout amour.

 

Avant de commencer cette chronique, je tiens à remercier Libfly, qui dans le cadre de son opération La voix des Indés nous fait découvrir des éditeurs et des auteurs moins connus, et les Éditions Zoé pour ce partenariat.

Cette femme est à un tournant de sa vie. Elle habite les États-Unis et revient en Suisse, à Genève, pour retrouver sa mère malade. Elle parcourt les rues à la poursuite de ses souvenirs, remonte le temps et se découvre finalement elle-même.

La lenteur de l'aube est un roman qui, comme son titre l'indique, prend le temps de se construire. La lenteur parce que cette femme redécouvre avec une nostalgie passionnée son passé lointain dans ces rues et ruelles de cette magnifique ville, dans ces appartements, à l'ombre des murs des bâtisses d'un autre temps. Des souvenirs avant qu'elle ne quitte son passé pendant vingt ans. Elle revient et dans un rêve éveillé revoit les amours d'antan. L'aube parce qu'elle au début de sa nouvelle vie, elle revient pour renouer avec ses racines, sa mère, sa maison, mais aussi pour aller de l'avant, en quête de sa nouvelle vie, celle sans tout ce qui la lie avec son enfance, sa mère qui est train de mourir à petit feu.

Écrit d'une manière particulière, le style est très mélodique. A lire les mots qui se lient telle une symphonie, le roman se réduit à une partition de musique jouée largo, mais silencieusement. Comme si un quatuor d'instruments jouerait en sourdine, la grâce des gestes, lente, l'air vibrant du son triste des cordes d'un violon, ouaté, cotonneux, dans un silence de cathédrale, pesant.

Cette femme, seule avec ses souvenirs, regrettant que sa mère ne se dévoile qu'au crépuscule de sa vie, se voit lever un fardeau pesant sur sa poitrine, pour renaître une seconde fois, orpheline, dans les bras rassurant d'un homme, protecteur, vivante.

Un magnifique roman qui se lit facilement, faisant ressentir tout le poids du silence par des mots, nous jouant une mélodie triste et lente, s'égayant au fur et à mesure, pour finir sur un accord puissant, joyeux et long.

Je remercie Libfly et les Éditions Zoé pour ce partenariat. Ce roman a été lu dans le cadre de l'opération La voix des Indés.

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Mardi 31 juillet 2012 2 31 /07 /Juil /2012 08:47

souvenirsenfance.gif Avec l'ouvrage « Souvenirs d'enfance », c'est à une véritable découverte ou re-découverte des ces années mythiques que François Bertin nous invite. En effet, non seulement chacun peut, au fil des pages, découvrir un monde d'objets disparus ou enfouis dans les mémoires, mais chacun peut, en plus, les prendre dans ses mains, les faire vivre : on compte les billets de banque du portefeuille, on se passe les photos de famille arrivées de chez le photographe, on ouvre la boîte à bons points pour les recompter, on peut même signer le carnet de notes de l'école ou sentir « en vrai » le petit calendrier parfumé offert par le coiffeur !
Présenté sous coffret, l'ouvrage « Souvenirs d'enfance », par sa conception très nouvelle, est un véritable événement qui fait appel à tous les souvenirs et ravive toutes les émotions.

 

Ce livre est un vrai recueil d'objets des années 50 et 60 vu par l'enfant que l'auteur, François Bertin, était. On y retrouve quantité de petites choses qui ont fait le quotidien de cet enfant et des français pendant cette période. Mais ceux qui sont nés plus tard comme moi trouveront aussi une bonne partie de ces objets habituels.

Chaque page est dédié à un objet, tantôt un jouet comme ces cyclistes en métal, tantôt les bons points de l'école, et d'autres fois c'est la voiture de papa ou le tracteur du voisin. Chaque objet raconte une histoire et l'auteur aura rédigé ses souvenirs dans la bouche de l'enfant qu'il était pour une immersion encore plus complète du lecteur.

Au travers de cette centaine de pages, c'est la nostalgie de cette époque qui vous fera avancer, avec un petit sourire aux lèvres. Les plus petits, eux, n'arriveront pas à s'imaginer que l'on puisse tourner le café ou encore être menacé du martinet, mais la beauté du livre réside dans cette mémoire que l'auteur veut communiquer et laisser en héritage aux jeunes générations.

L'auteur écrit avec beaucoup d'amour sur cette époque, et vous entraîne avec lui dans un voyage dans le passé. Heureusement que ces objets et que époque est révolue, mais de temps en temps, un petite lecture vous redonnera le moral.


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Jeudi 28 juin 2012 4 28 /06 /Juin /2012 19:33

fiasco Jonathan Coe contraint de ramper devant le public d’un studio de télévision pour se soustraire au champ des caméras … Julian Barnes, s’adressant à son éditeur, est incapable de se souvenir du titre de sa seule nouvelle publiée … Rick Moody faisant une lecture dans une librairie où, suite à une erreur de date sur le programme, sa mère est l’unique auditrice … André Brink , lors d’une soirée littéraire, peine à discuter avec son éditeur. Finalement, il remarque une femme près du buffet et s’exclame : «Mais qui peut bien être cette pauvre femme, là-bas? «C’est ma femme», répond l’éditeur…
Découvrez ces grands moments de solitude désopilants racontés par des auteurs anglo-saxons.

 

Ce livre est un recueil de témoignages littéraires. Des auteurs, célèbres aujourd'hui, mais parfois pas du tout au moment des faits, racontent quelques anecdotes sur leurs rencontres avec des lecteurs lors de forums, fêtes, émissions ou magasins.
Ce livre nous raconte donc avec beaucoup d'humilité ces rencontres souvent désastreuses, mais toujours touchantes de sincérité. Des moments dont se souviennent ces auteurs, qui les auront marqué d'une tâche indélébile leur ego. Tous reconnaissent s'être retrouvés au milieu sans comprendre parfois pourquoi, entre le "ce gros nase" et la salle vide, ces quelques pages sont comiques et hilarantes. Des situations que vous ne voudriez peut-être pas vivre et qu'ils nous retranscrivent avec beaucoup de nostalgie.

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Vendredi 6 janvier 2012 5 06 /01 /Jan /2012 20:13

etoilessombres En 2007, après le décès de sa grand-mère, Nadia Salmi découvre une photo de son grand-père en officier de la Wehrmacht. Comme environ 400 000 enfants, elle est, par sa mère, la petite-fille d’un soldat allemand. Elle tente alors d’en savoir plus sur ce grand-père transformé en fantôme par sa famille, par peur du scandale. Par honte.
A partir de la correspondance laissée par sa grand-mère et jusqu’aux archives de la Wehrmacht, Nadia dénoue les non-dits de ses origines et se lance, durant quatre ans, sur les traces de ses grands-parents, à la recherche de son identité.
« Que le chemin est long pour arriver jusqu’à toi ! J’espère que tu ne m’en voudras pas d’avancer à ma manière vers l’Allemagne, là où une moitié de moi a le vague à l’âme depuis que j’ai découvert tes mots, ta trace, toi, mon grand-père.
Quel mot étrange…
Grand-père. »


Avant de commencer cette chronique, je tiens à remercier Partage Lecture et Oh ! Editions pour ce partenariat.

Nadia Salmi, l'auteure, écrit son premier roman. Le roman de ses origines. Elle raconte comment au décès de sa grand-mère elle s'intéresse à son grand-père, soldat allemand de la seconde guerre mondiale, en retrouvant des lettres de ce dernier retrouvées dans ses affaires. La quête peut commencer. D'interrogations et de suppositions, de coups de téléphone et de visites, Nadia Salmi parcourent le passé, celui des ses aïeux, découvrant au fur et à mesure la vérité si bien cachée pendant près de soixante ans.

L'histoire est très passionnante, la découverte des origines. Dès les premières pages, on ressent l'amour ou l'indifférence dans les sentiments entre la fille et la grand-mère, la mère et la fille, mais surtout, il en ressort beaucoup d'incompréhension. Cette quête naît de ces non-dits tragiques qui polluent une existence. Les personnes dans ce roman, vu par l'auteure, se racontent souvent de manière dramatique. Cette grand-mère, Thérèse, envieuse, jalouse de sa propre sœur, abandonnant à sa propre mère son enfant, sa fille, née d'une relation franco-allemande. Elle en devient pathétique et méchante, jusqu'au dernier instant dans son dernier souffle. Cette mère, Ingrid, marquée à jamais par ses parents absents, un père allemand qu'elle n'a jamais connu, une mère qui repousse son enfant. Bien que son premier livre ne puisse être considéré comme un roman, il faut admettre que les parties sombres de son histoire familiale auront été éclairées par l'auteure après de longues réflexions, je n'en doute pas, avec sa mère par exemple. Finalement, une grande partie est romancée à partir de faits réels, alors même si la vérité est légèrement floutée, Nadia Salmir réussit à retracer son passé en comblant les trous de la meilleure manière qu'il soit.

Son écriture assez incisive, à fleur de peau, fait ressortir les sentiments très exacerbés de l'auteure. Il est même assez étrange de rencontrer autant d'attachements à un passé si lointain et inconnu jusqu'à la découverte de ces lettres. Mais elle le dit elle-même très bien, elle est extravagante et se laisse dépasser par ses sentiments.

Je retiendrais de ce roman la souffrance des enfants tiraillés entre deux nations, de Thérèse cette mère égoïste et pathétique, détestable, et de ses retrouvailles joyeuses.

Un premier roman réussi, très et trop personnel, une thérapie nécessaire pour Nadia Salmir et une reconnaissance des victimes cachées de la guerre.

Je remercie Partage Lecture et Oh ! Editions pour ce partenariat.

 

A l 'attention de Nadia, à qui je souhaite, un petit peu en avance, un joyeux anniversaire.

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Vendredi 30 décembre 2011 5 30 /12 /Déc /2011 08:31

cafeyllka Une femme croisée dans un aéroport et l’ombre d’une tragédie logée au fond de ses yeux… Malgré moi, je la suivis du regard, rien que pour savoir où elle allait, comme si cela me donnerait le secret du chagrin qu’elle emportait avec elle. Pristina… Sarajevo… Puis elle s’est dirigée vers un long couloir vitré. Je n’ai pas pu voir vers laquelle de ces deux villes elle se rendait. Je ne le saurai jamais. Il me restait l’écho terrible dont l’Histoire récente avait chargé ces deux noms. Pristina… Sarajevo…
«L’aéroport de Budapest disparaît dans la brume. Emina quitte l’avion posé sur la piste. Plus rien ne la sépare du passé qui roule, gronde, mugit là-bas dans sa mémoire. Car c’est le passé qu’elle foule maintenant, le cœur au bord des lèvres, avant de s’envoler vers l’autre ville, plus loin vers le sud. Le monde bascule d’un seul coup.»

 

Avant de commencer cette chronique, je tiens à remercier Libfly et Elyzad pour ce partenariat.

Mais qui est cette femme croisée dans un aéroport par Cécile Oumhani avec dans son regard, ses gestes, un tragédie enfouie au plus profond d'elle-même ? Emina revient dans son pays, quelques années plus tard. Sa patrie, la Yougoslavie, sa religion, musulmane, son enfance, la guerre. La fuite et la séparation ponctuent ces mois de combats vécus dans cette région avant de la quitter définitivement en train. Elle revient pour essayer de retrouver la trace de sa mère Yllka, qui l'a éloignée avec son petit frère des violences de cette tragédie et son père, parti une arme à la main pour les défendre.

Ce court roman, qui se lit d'une traite, est non pas le témoignage d'une seule personne, mais celui de tout un peuple, qui aura subit les horreurs d'une guerre inutile. Dans ce récit plein de poésie se trouve la souffrance infinie, irréparable, insondable de la perte d'un proche. Cette fille qui revient veut savoir, renouer avec une histoire que plus personne ne connaît, beaucoup tentent d'oublier, peu s'en souviennent, et les autres... sont morts. L'écriture, magnifique, presque lyrique, ajoute du poids à la douleur de la survivante. Au fur et à mesure, elle comprend qu'elle ne reverra pas sa mère, mais elle cherche à vivre ses derniers instants. Par une seule fois, il n'est question de « pourquoi ». Elle accepte, alors qu'elle n'est qu'une enfant, la guerre. Elle refuse, par contre, le « comment ». Comment son père et sa mère auront disparu ?

L'auteur nous propose ici un récit profond, difficile, sans haine, et plein d 'espoir, et manie la plume d'une très belle manière pour un témoignage poignant. Ces enfants des années 90 se trouvent au centre d'une équation, devenu adulte aujourd'hui, ils essayent de vivre avec un facteur inconnu, ce que sont devenus leurs parents, ils ont perdu leurs racines et tentent de construire leur avenir avec u chaînon manquant.

Ce roman se découvre dans la collection Éclats de vie.

Je remercie Libfly et Elyzad pour ce partenariat.

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Mardi 20 décembre 2011 2 20 /12 /Déc /2011 08:49

portraits Pierre Lamalattie peint des hommes et des femmes du quotidien, des personnages dont se dégagent un mélange de déceptions ordinaires et d’aspirations au sublime. À travers 121 portraits résolument figuratifs et férocement ironiques, l’artiste construit une réflexion autour des thèmes de l’emprise du monde du travail sur les individus et du poids des nouveaux moralismes. Insolentes et critiques, les courtes phrases qui accompagnent chaque portrait conduiront immanquablement le lecteur à rire lorsqu’il y reconnaîtra l’une ou l’autre de ses connaissances…

 

Avant de commencer cette chronique, je tiens à remercier Les Agents Littéraires et l'Editeur pour ce partenariat.

Ce livre n'est pas un roman, c'est un recueil de portraits, peints par l'auteur. Une centaine de personnes sont passées sous le pinceau du peintre pour laisser leur empreinte sur une toile, indélébile. Le peintre, contrairement aux autres peintres, écrit sur ses œuvres. Elles ne se suffisent pas à elles-mêmes, le texte ajoute la profondeur, la compréhension. Autant, comme il explique très justement, lorsque vous regardez une peinture, arrivez-vous à capter tous les sentiments, toutes les idées que son artiste aura voulu communiquer, certainement que face à certaines œuvres, nous passons à côté de beaucoup, des détails peuvent paraître insignifiants et pourtant ils ont toutes leur importance. L'auteur ici, a voulu abolir cette frontière de l'incompréhension du badaud face à son œuvre. En y ajoutant quelques mots, une phrase, il invite le lecteur à entrer profondément dans son œuvre, à découvrir toutes les facettes de ses portraits.

Les portraits sont bien réalisés, je déplore le fait de ne pouvoir les contempler autrement que sur du papier glacé, et extrêmement réalistes. L'atout de ce petit livre est dans la qualité du travail du peintre. En feuilletant ce livre, on a la sensation de se trouver dans la rue, à croiser des gens différents, beaux ou moches, petits ou grands, jeunes ou vieux, à découvrir leurs pensées sur l'instant, ou leur vertu profonde, leur âme.

Ce livre accompagne 121 curriculum vitae pour un tombeau du même auteur, il en est indissociable.

Je remercie Les Agents Littéraires et l'Editeur pour ce partenariat.

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Jeudi 15 septembre 2011 4 15 /09 /Sep /2011 18:30

stupeur Au début des années 1990, la narratrice est embauchée par Yumimoto, une puissante firme japonaise. Elle va découvrir à ses dépens l’implacable rigueur de l’autorité d’entreprise, en même temps que les codes de conduite, incompréhensibles au profane, qui gouvernent la vie sociale au pays du Soleil levant.
D’erreurs en maladresses et en échecs, commence alors pour elle, comme dans un mauvais rêve, la descente inexorable dans les degrés de la hiérarchie, jusqu’au rang de surveillante des toilettes, celui de l’humiliation dernière. Une course absurde vers l’abîme – image de la vie –, où l’humour percutant d’Amélie Nothomb fait mouche à chaque ligne.
Entre le rire et l’angoisse, cette satire des nouveaux despotismes aux échos kafkaïens a conquis un immense public et valu à l’auteur d’Hygiène de l’assassin le Grand Prix du roman de l’Académie française en 1999.

 

Avant de commencer cette chronique, je tiens à remercier Partage Lecture et Rue aux Livres pour ce partenariat.

Stupeur et tremblements raconte l’expérience de l’auteure au Japon dans une grande entreprise au service comptabilité. L’univers de l’entreprise y est décrit ici avec les yeux d’une européenne. Arrivée à son poste, elle est soumise à des tâches ingrates et se retrouvent très rapidement à devoir faire le service du café. Elle tente de se rendre utile, mais l’esprit d’initiative au pays du soleil levant est très mal perçu. Loin de la mentalité occidentale, Amélie Nothomb se confronte aux dogmes ancestraux et incompréhensibles pour les « blancs » que nous sommes.

Le récit ne traite que son séjour professionnel au Japon, à aucun moment il ne sera fait mention de sa vie privée, mais l’année qu’elle passe au sein de cette entreprise défile rapidement, pour elle, comme pour nous, lecteurs pris dans son tourbillon de déboires.

L’écriture est enthousiaste, faisant ressortir sa passion, presque son idolâtrie pour ce peuple et ses coutumes. Elle avoue à demi-mot son attirance pour sa supérieure hiérarchique, une belle femme, grande et mince, au visage angélique, capable des jouissances les plus avilissantes – elle rétrograde Amélie au rang de nettoyeuses de chiottes, mais jamais elle ne ressent de la haine, toujours à pardonner et à l’aimer, amicalement bien sûr.

La fluidité du récit comme la facilité de la lecture est un atout important de la réussite de ce roman. Stupeur et tremblements mérite son prix, l’auteure sa renommée. A lire, à découvrir, un moment d’incompréhension de deux personnes, de deux peuples, hilarant.

Je remercie Partage Lecture et Rue aux Livres pour ce partenariat.

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