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Classique

Mardi 16 octobre 2012 2 16 /10 /Oct /2012 08:20

claudegueux Claude Gueux, dont le seul nom évoque Les Misérables et annonce avec trente ans d'avance l'immense Jean Valjean, était un pauvre diable, sans doute une crapule. En 1831, condamné pour vol à huit ans de prison, harcelé par son gardien-chef, il assassine celui-ci à coups de hache. On l'a poussé au crime, il le jure. Ses codétenus le soutiennent. Ses juges l'envoient néanmoins à l'échafaud. De ce sordide fait divers et de ce procès, Hugo va faire le plus violent et le plus passionné des réquisitoires. Contre la peine de mort d'abord, que cet ouvrier, ce damné de la terre ne méritait pas. Contre une société inhumaine ensuite. " Le peuple souffre, le peuple a faim, le peuple a froid. La misère le pousse au crime et au vice. " Ouvrez des écoles, vous fermerez les prisons. Hugo invective, il hurle son indignation. Et plaide pour la noblesse de l'être humain.

 

Claude Gueux, Victor Hugo, un classique de la littérature, une lettre aux élus, un cri de désespoir, un récit en avance sur son temps, toujours d'actualité malheureusement dans certains pays où la peine de mort est toujours en vigueur.
Claude Gueux est l'histoire d'un homme d'une trentaine d'années, Claude, un gueux. Pour nourrir sa femme et sa fille, il vole et écope de cinq de prison. Mais en prison, à force d'avoir faim, il tue. Le voici maintenant condamné à la peine capitale.
Ce récit est réel, vivant, étonnant. Victor Hugo dresse là un constat alarmant. C'est la société qui crée la délinquance, le vol, le meurtre. Et aussi, il lance un cri, un cri de désespoir, aux hommes qui condamne les assassins en les assassinant. Claude Gueux est l'histoire malheureuse et bien réelle d'un homme intelligent, solide et travailleur, bon dans l'âme, poussé au vol pour pouvoir manger. En un mot, donnez leur du charbon et du pain pour que les hommes soient paisibles et que les femmes ne se donnent plus au plus offrant.
Ce récit est suivi de quelques chapitres de la vie de Jean Valjean, lorsqu'il sort du bagne, après dix-neuf ans de souffrance, pour un vol commis et quelques tentatives d'évasion. La société, encore ici, ne crée-t-elle pas un délinquant. Elle nous montre un homme rejeté, qui a faim, qui est fatigué, qui ne souhaite que dormir et manger, et qui est poussé dans les limites de l'inacceptable. Sans la bonne oeuvre d'un curé, qu'aurait-il fait finalement ? Voler, peut-être même tuer.
Victor Hugo, ici, en deux courts récits, fait état de la mauvaise société, celle qui invente des lois pour réprimer ce qui ne peut être réprimer, la misère.
Un classique poignant, le récit d'un misérable bien avant Les misérables.

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Dimanche 26 août 2012 7 26 /08 /Août /2012 08:18

lepetitprince Le premier soir je me suis donc endormi sur le sable à mille milles de toute terre habitée. J'étais bien plus isolé qu'un naufragé sur un radeau au milieu de l'Océan. Alors vous imaginez ma surprise, au lever du jour, quand une drôle de petite voix m'a réveillé. Elle disait : - S'il vous plaît... dessine-moi un mouton ! - Hein ! - Dessine-moi un mouton... J'ai sauté sur mes pieds comme si j'avais été frappé par la foudre. J'ai bien frotté mes yeux. J'ai bien regardé. Et j'ai vu un petit bonhomme tout à fait extraordinaire qui me considérait gravement.

 

Le Petit Prince est l'histoire d'un petit garçon, prince d'une petite planète, qui arrive sur Terre. Il rencontre le narrateur dans le désert, qui s'est perdu avec son avion, et lui raconte son voyage.
J'ai le souvenir de l'avoir lu il y a presque trente ans, en CE2, et malgré toutes ces années, des dessins qui illustrent ce livre, ou encore certaines phrases, sont restés dans ma mémoire, tellement l'histoire est magnifique et pleine de sagesse. C'est avec plaisir que je me suis replongé dans cette nouvelle pour enfant et que j'y ai découvert de nouvelles choses, des choses qu'un enfant de huit ans ne pouvait pas voir, ou alors c'est qu'elles lui paraissaient naturelles ces choses, et que maintenant, adulte, je redécouvre.
Le Petit Prince est un récit, devenu un grand classique, et que de temps en temps, il serait judicieux de relire pour retrouver le sens de ce qui est important. Avec beaucoup de philosophie, ce narrateur rêve sûrement de ce Petit Prince, ou peut-être a t-il des hallucinations, et alors qu'il est proche de la mort, n'arrivant pas à réparer son avion pour repartir, après plusieurs jours sans boire, il se rend compte que sa course vers ces objectifs, ceux que tout le monde se donne, sont certainement faux, l'argent, le pouvoir, le matérialisme, et il prend conscience de la futilité de ses prétentions. La leçon est importante, la morale de cette histoire est finalement toute simple, et pourtant oubliée. L'individualisme est encore plus fort certainement aujourd'hui qu'à l'époque de l'écriture du Petit Prince et aujourd'hui, plus qu'hier, cette nouvelle est nécessaire pour réapprendre que l'essentiel, l'amitié, l'amour, ne se voit pas.
A lire, à relire, à rerelire... toujours... un chef-d'oeuvre magnifique.
Je remercie Livres pour tous qui propose des classiques au format Ebooks gratuitement.
"L’essentiel est invisible pour les yeux."

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Mardi 21 août 2012 2 21 /08 /Août /2012 08:41

laiguillecreuse À quarante ou cinquante mètres de cette arche imposante qu'on appelle la Porte d'Aval et qui s'élance du haut de la falaise, ainsi que la branche colossale d'un arbre, pour prendre racine dans les rocs sous-marins, s'érige un cône calcaire démesuré, et ce cône n'est qu'un bonnet d'écorce pointu posé sur du vide !
Révélation prodigieuse ! Après Lupin, voilà que Beautrelet découvrait le mot de la grande énigme, qui a plané sur plus de vingt siècles ! Mot d'une importance suprême pour celui qui le possédait jadis, aux lointaines époques où des hordes de barbares parcouraient le vieux monde ! Mot magique qui ouvre l'antre cyclopéen à des tribus entières fuyant devant l'ennemi ! Mot mystérieux qui garde la porte de l'asile le plus inviolable ! Mot prestigieux qui donne le pouvoir et assure la prépondérance !

 

Arsène Lupin, dans cet épisode, manigance un cambriolage pour récupérer des toiles. Touché par un coup de feu tiré par une jeune femme alors qu'il s'enfuyait. Les recherches ne donnent rien malheureusement. Mais un jeune homme, Isidore Beautrelet, un être intelligent, découvre comment Arsène Lupin vint à s'enfuir. S'engage alors un vrai combat entre les deux hommes.

Ce roman d'Arsène Lupin est une confrontation entre le héros cambrioleur et un adolescent talentueux. Arsène Lupin qui ose tout et réussit ce qu'il entreprend face à un gamin sans expérience sachant utiliser sa tête. On pourrait presque penser qu'Isidore Beautrelet pourrait devenir le futur Arsène Lupin.

Avec une écriture très fluide et facile, Maurice Leblanc propose ici de nouvelles aventures de ce gentleman cambrioleur, mais cette fois-ci le personnage principal ou plutôt le héros, n'est pas Lupin, mais un adolescent qui possède une grande intelligence au point d'arriver à contrer les plans du voyou. Faire ressortir les qualités de Lupin en ne les traitant que par procuration avec un personnage différent est une astuce de l'auteur ingénieuse.

L'histoire quant à elle démarre sur une enquête et prend une tournure complètement différente qui lui donne plus de profondeurs et laisse le temps au lecteur de faire connaissance avec les personnages.

Un classique qui ravira les amoureux d'Arsène Lupin.

Je remercie Livres pour tous qui propose des classiques au format Ebooks gratuitement.


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Jeudi 5 juillet 2012 4 05 /07 /Juil /2012 08:57

professeur Le professeur Challenger est le plus extraordinaire de tous les personnages inventés par Conan Doyle : une tête de taureau assyrien barbu posée sur le corps d'un homme des cavernes en veston. Toujours beuglant et grondant, il boxe les journalistes passant à sa portée, traite ses confrères d'ignorants timorés, insulte même notre système solaire. Ce « soleil de troisième ordre traînant une racaille de satellites vers une fin misérable".

 

Ce roman de Arthur Conan Doyle est une aventure du Professeur Challenger. Ce professeur est un personnage méconnu de l’œuvre de cet auteur mais reste néanmoins intéressant.

Dans ce roman, le professeur Challenger n'est pas le personnage principal. Malone et sa fille Enid Challenger, journalistes, enquête sur l'existence du paranormal. Avec un esprit ouvert et objectif, ils partent à la recherche de médiums et d'esprits. Leur objectif étant bien sûr un article complet sur ce domaine qui peut paraître ridicule, à la réputation douteuse à cause des charlatans qui le polluent de leurs escroqueries.

De fil en aiguille, Malone et Miss Challenger sont confrontés à différents cas, et surtout à l'entêtement navrant du Professeur Challenger.

L'écriture de Conan Doyle est légère. Le roman se lit avec un facilité déconcertante. Bien sûr, des termes et des tournures de l'époque se retrouvent dans le texte mais ne sont en aucun cas gênants. Cette lecture pourrait très bien plaire à des adolescents, tellement elle est aisée.

L'histoire démarre sur une enquête des plus banales que fait un journaliste pour finalement se confronter à un homme à l'entêtement aussi puissant que l'est son intelligence. Certains passages sont comiques, d'autres agaçants. La quête de vérité de Malone et Enid face à des interventions relatives au fantastique font de ce roman un mélange savoureux entre la vieille Angleterre matérialiste et le paranormal.

Finalement, l'auteur nous propose un roman léger qui ravira les amateurs de littératures classiques.


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Dimanche 24 juin 2012 7 24 /06 /Juin /2012 08:50

lametamorphose La Métamorphose révèle une vérité méconnue, les conventions disparaissent, les masques tombent. Le récit qui porte ce titre est un des plus pathétiques et des plus violents que Kafka ait écrits ; les effets en sont soulignés à l'encre rouge, les péripéties ébranlent les nerfs du lecteur. C'est l'histoire, «excessivement répugnante», dit l'auteur, d'un homme qui se réveille changé en cancrelat. Cette transformation est un châtiment imaginaire que Kafka s'inflige. Et son personnage est celui qui ne peut plus aimer, ni être aimé : le conflit qui se déroule dans une famille bourgeoise prend une ampleur mythique. Seuls quelques éléments comiques ou grotesques permettent de libérer de l'oppression du cauchemar.

 

La métamorphose est le récit, une nouvelle d'une centaine de pages, de Gregor Samsa, honnête travailleur, qui soutient financièrement sa famille suite à la déconvenue de l'affaire commerciale de son père, et qui un matin se sent différent, malade. C'est le premier jour de sa transformation en un insecte répugnant.
Kafka nous propose ici un texte d'une grande originalité, écrit avec une grande justesse, une fluidité et une légèreté extrêmement bien travaillée, faisant de cette nouvelle un plaisir rare de lecture.
Cet auteur et ses textes ont été le sujet de maints études. Celle qui suit est courte, rassurez-vous, et manquera peut-être d'originalité par rapport à d'autres travaux déjà réalisées.
Ce Gregor Samsa a avec sa famille des liaisons comme tout jeune homme peut avoir avec ses parents et sa soeur au début du siècle dernier. Il la respecte, l'aime et et lui consacre sa vie, personnelle et professionnelle. Le père est tyrannique, la mère est effacée et la jeune soeur aimante et simple. Gregor Samsa travaille dans une entreprise pour qui il a une dette contractée par son père. Ce Gregor Samsa est au milieu d'une situation étouffante, sans avenir, et dont il paye chèrement le choix d'autres personnes, bien qu'il ne le ressente pas de cette manière, nous comprenons qu'il vit pieds et poings liés par son père et son travail (le jour même de son absence, il a la visite du fondé de pouvoir de l'entreprise dans laquelle il travaillé pour venir vérifier s'il est bel et bien malade).
Inconsciemment, Gregor Samsa éprouve une gêne, et ressent cet étouffement comme un manque de considération pour ces efforts. Il finit par s'imaginer qu'il n'est qu'un cafard au milieu de ce nid étouffant (je répète ce mot plusieurs fois pour vous faire comprendre mon ressenti vis à vis de cette famille et de son travail). Nous pouvons l'imaginer alité et déambulant dans sa chambre sans but précis, s'éloignant de plus en plus de la réalité jusqu'à ne plus s'alimenter. Nous retrouvons là les symptômes d'une grave dépression.
Malheureusement, sa famille qui le tient cloîtré ne fait rien pour essayer de l'en sortir et l'enfonce de plus en plus jusqu'à la mort. Les dernières pages, lorsque l'employée se débarrasse du corps, sont tragiques et comiques à la fois. La famille retrouvant dans la perte d'un poids lourd, le fils et le frère, la vie et l'ambition qui l'accompagne.
Kafka aura certainement ajouté dans son texte une authenticité personnelle y ajoutant ainsi une crédibilité sérieuse.
Un texte magnifique, avec un arrière-goût de folie, dans un univers égoïste. Un classique à lire absolument...

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Lundi 2 avril 2012 1 02 /04 /Avr /2012 20:20

813t1 Quelle mystérieuse entreprise amène à Paris Rudolf Kesselbach, le richissime et ambitieux roi du diamant sud-africain ? Que signifie ce nombre, 813, inscrit sur le coffret en sa possession ? De quel secret le nommé Pierre Leduc, qu'il recherche dans les bas-fonds de la capitale, est-il le détenteur ?
Telles sont quelques-unes des questions à propos desquelles s'affrontent la police ? En l'occurrence un certain Lenormand, chef de la Sûreté, l'impitoyable baron Altenheim et le gentleman-cambrioleur Arsène Lupin. Lequel devra également démasquer l'invisible assassin qui cherche à lui faire porter la responsabilité de ses crimes ?
Et nous voilà entraînés sur les pas de l'orpheline Geneviève, de l'élégant prince Sernine et de bien d'autres personnages, dans une avalanche de coups de théâtre et de révélations plus incroyables les unes que les autres.

 

Dans ce roman fait de deux parties, nous retrouvons le héros légendaire créé par Maurice Blanc, Arsène Lupin, le voleur gentleman.
Dans la première partie, nous assistons au meurtre de M. Kesselbach, un riche entrepreneur, qui recherche un certain M. Leduc. Arsène Lupin revient après quatre ans d'absence pour le détrousser d'un coffre déposé en banque, mais après son départ, M. Kesselbach est assassiné. Tous les soupçons se retournent contre Arsène Lupin, mais le commissaire de police, M. Lenormand, ne pense pas à sa culpabilité. Le mystère reste entier et que signifie ce chiffre écrit sur une carte, 813.
Bien que l’œuvre de Maurice Blanc soit extrêmement connu, j'avoue ne jamais avoir lu l'un de ses romans, jusqu'à maintenant. Son écriture est très fluide, sans accroc, parfois très, ou plutôt trop simple. J'imagine facilement que ses romans s'adressent plus à un jeune public   même si les adultes se prendront au jeu. Arsène Lupin n'apparaît pas souvent et nous suivons principalement l'enquête de M. Lenormand qui le traque. Finalement, dans ce roman, nous faisons connaissance avec l'esprit logique de l'enquêteur et sa détermination.
Le dénouement de ce roman est ahurissant. Sa lecture facile vous permettra de le finir rapidement et de découvrir les tenants et les aboutissants du complot organisé par Arsène Lupin, ce personnage mythique.
Un très bon roman mais je ne le conseillerai pas pour faire la connaissance d'Arsène Lupin.

Je remercie Livres pour tous qui propose des classiques au format Ebooks gratuitement.


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Lundi 5 décembre 2011 1 05 /12 /Déc /2011 18:45

1984.gif De tous les carrefours importants, le visage à la moustache noire vous fixait du regard. Il y en avait un sur le mur d'en face. Big brother vous regarde, répétait la légende, tandis que le regard des yeux noirs pénétrait les yeux de Winston... Au loin, un hélicoptère glissa entre les toits, plana un moment, telle une mouche bleue, puis repartit comme une flèche, dans un vol courbe. C'était une patrouille qui venait mettre le nez aux fenêtres des gens. Mais les patrouilles n'avaient pas d'importance. Seule comptait la Police de la Pensée.

 

Publié en 1948, le roman se déroule d’après le narrateur en 1984. Winston est un citoyen de l’Océania, dont la capitale est Londres. Il travaille pour le gouvernement, au ministère de la Vérité, comme beaucoup de ses congénères. Naît avant la création du Parti, il a connu, mais ne s’en souvient pas, la montée du révolutionnaire Big Brother. Aujourd’hui, il essaye de tenir un journal dans un monde dont les rênes sont tenues pas des tortionnaires, où l’esprit et la liberté de pensée sont bafoués. La vie ressemble à un univers réglementé à outrance, perpétuellement en guerre. Il nomme même le bureau dans lequel il travaille sa Cellule.

L’auteur n’hésite pas à faire la relation avec le nazisme de manière détournée, le communisme, le totalitarisme plus franchement et parfois, nous avons la sensation qu’il fait aussi le lien avec des grandes puissances capitalistes. Et même, plus d’un demi-siècle plus tard, la critique reste d’actualité. Nous sommes fichés comme le sont les citoyens dans ce roman.

L’écriture est réaliste et pénétrante. Il est facile de s’imprégner de l’atmosphère de terreur psychologique dans lequel vit ce personnage de Winston. Se poser des questions, toujours dans la crainte, de connaître les réponses pouvant vous faire basculer dans la folie, l’illégalité, la mort, est largement relater et expliquer dans ce roman. En trois parties, nous découvrons son quotidien ennuyant, toujours en manque de nourriture, de sommeil, ou d’objets aussi insignifiants qu’utiles comme des lames de rasoir, puis sa prise de conscience du pouvoir qu’il a sur lui mais aussi sur autrui, son recul par rapport au Parti et Big Brother, et enfin dans la dernière partie, son arrestation, son emprisonnement et les tortures qui s’ensuivent.

1984 est un roman visionnaire écrit après la seconde guerre mondiale, cynique, qui critique les sociétés oeuvrant pour le pouvoir d’une minorité et manoeuvrant les masses, mené par une écriture simple et efficace. Un classique qu’il faut lire, qui pose des références littéraires, reprises dans la littérature comme au cinéma. Un roman qui trace la ligne de conduite de dictature que le monde connaît encore et malheureusement connaîtra encore. A lire absolument…

Je remercie Livres pour tous qui propose des classiques au format Ebooks gratuitement.


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Vendredi 21 octobre 2011 5 21 /10 /Oct /2011 20:00

drjekyll Un monstre rôde dans les brumes victoriennes de Londres. Il a piétiné une fillette, tué un député et boxé une marchande d'allumettes. C'est un petit homme difforme et mal habillé, qui inspire à tous ceux qui l'ont vu des sentiments mêlés de répulsion, de crainte et de haine. À quoi, à qui ressemble-t-il ? Pourquoi les témoins oculaires de ses méfaits sont-ils incapables de décrire Mr Hyde ? Pourquoi Mr Utterson, le notaire du Dr Jekyll, est-il hanté par le testament de son client, au point de faire des cauchemars ? Pourquoi se lance-t-il sur la piste de Hyde, dans une partie de cache-cache funeste aux dimensions d'une ville labyrinthe ? Quel lien, en définitive, unit Dr Jekyll à Mr Hyde ? Issu d'un cauchemar de son auteur, et salué dès sa parution par Henry James comme un "chef-d'oeuvre de concision", ce roman policier en trompe-l'oeil, dont les récits imbriqués débouchent sur un conte fantastique, réserve une surprise de taille au lecteur, et de nombreuses zones d'ombre. Dès 1886, Stevenson plonge dans les profondeurs déformantes du miroir de l'âme humaine jusqu'aux racines de l'inconscient.

 

Cette nouvelle de Stevenson est un classique qui a énormément inspiré le monde du cinéma. Il est même possible d’affirmer que ce récit est le premier vrai thriller psychologique. La double personnalité du Dr Jekyll n’est pas mise en évidence de manière flagrante mais lentement pour permettre au lecteur d’avoir le temps de s’y accoutumer avant d’en prendre conscience.

Le récit est narré par Monsieur Utterson, notaire du Dr Jekyll. Il débute pendant une promenade où Monsieur Einfields raconte un événement choquant à son cousin Monsieur Utterson. C’est Mr Hyde qui se cogne à une petite fille, au coin d’une rue, la bouscule et lui passe dessus, la piétinant. La nouvelle début par le narrateur se faisant expliquer une sordide histoire mettant en scène Mr Hyde. Ce n’est que plus tard que nous aurons l’occasion de faire connaissance du Dr Jekyll.

Est-ce une autre personnalité du Dr Jekyll qui prend le dessus, une personnalité refoulée pendant son enfance, ou est-ce la folie qui prend le dessus d’un homme vieillissant ? Bien que l’auteur, à mon avis, veuille laisser des fausses pistes aux attraits fantastiques, il met en place l’égarement psychologique d’un homme, qui par des manipulations chimiques arrive tant bien que mal à trouver une solution temporaire à son mal. Peut-être a-t-il trouvé la formule d’un remède psychiatrique, toujours est-il qu’une accoutumance se fait et que les conséquences sont une insensibilité au produit. La maladie prend le dessus et dans un dernier sursaut de lucidité, le Dr Jekyll se donne la mort.

Stevenson possède une écriture belle et travaillée, ne laissant aucune place à des lourdeurs et des longueurs, le récit étant suffisamment court pour admettre le contraire. Cette étrange affaire finit sur un aveux édifiant écrit de la main du Dr Jekyll avant son suicide.

Robert Louis Stevenson pose les premiers pavés d’un genre nouveau, le thriller psychologique contemporain. Un classique à lire absolument…


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Samedi 2 octobre 2010 6 02 /10 /Oct /2010 09:20

belami Le monde est une mascarade où le succès va de préférence aux crapules. La réussite, les honneurs, les femmes et le pouvoir : le monde n'a guère changé. On rencontre toujours - moins les moustaches - dans les salles de rédaction ou ailleurs, de ces jeunes aventuriers de l'arrivisme et du sexe.

Comme Flaubert, mais en riant, Maupassant disait de son personnage, l'odieux Duroy : «Bel-Ami, c'est moi.» Et pour le cynisme, la fureur sensuelle, l'athéisme, la peur de la mort, ils se ressemblaient assez. Mais Bel-Ami ne savait pas écrire, et devenait l'amant et le négrier d'une femme talentueuse et brillante. Maupassant, lui, était un immense écrivain. Universel, déjà, mais par son réalisme, ses obsessions et ses névroses, encore vivant aujourd'hui.

 

Que dire ? C'est un chef-d'oeuvre. Ce roman se lit très facilement et avec beaucoup de plaisir. L'écriture est très fluide. L'histoire de ce Georges Duroy, un opportuniste dans le travail, avec les femmes, dans les relations sociales, est magnifiquement bien menée. Sa vie est d'un réalisme poignant et tantôt, on l'aime, tantôt, on le déteste. Si vous n'êtes pas habitués à lire des romans classiques, ou que vous n'aimez pas les lire, la nostalgie des cours de français au lycée vous obligeant à changer de rayon dans votre librairie, je vous conseille tout de même très fortement de vous procurer un exemplaire de Bel-Ami et de le dévorer. Vous commencerez tranquillement la lecture et très vite, vous l'engloutirez.


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Mardi 7 septembre 2010 2 07 /09 /Sep /2010 19:10

dernierjourcondamne

«Encore six heures et je serai mort. Est-il bien vrai que je serai mort avant la fin du jour?» Bientôt, sa tête roulera dans la sciure. Jugé, emprisonné, enchaîne, il attend dans l'épouvante. Sa grâce lui a été refusée. «J'ai peur» - et notre peur grandit avec la sienne. L'aumônier viendra, puis les assistants du bourreau. Il montera dans la charrette, traversera la foule hideuse buveuse de sang. Au bout de la marche au supplice, l'apparition de la guillotine, et l'échelle qui mène à l'échafaud. On dit qu'on ne souffre pas, que c'est une fin douce, mais qui le sait?

On ne sait rien de cet homme que la justice va assassiner, sinon qu'il est trop jeune pour mourir. Avec lui, nous vivons ce cauchemar, cette absurdité horrifiante de la peine capitale que personne avant Victor Hugo n'avait songé à dénoncer.

 

Quelle belle manière aura utilisé Victor Hugo pour combattre cette absurdité qu'est la peine capitale encore en application dans bien des pays. Ce texte est écrit à la première personne, nous nous retrouvons à la place de ce condamné dont on ne connaît, ni son âge, bien que l'on comprenne qu'il est trop jeune pour mourir, ni son nom, ni son travail. Il a une famille, une femme et une petite fille. Au delà de sa mort, il dénonce aussi la souffrance de sa famille.

De ce condamné, nous ne connaissons que sa condamnation, la peine capitale. La guillotine, inventée pour rendre à la mort sa dignité, dont l'inventeur se verra refuser le brevet par la France, encore une contradiction "à la française".

Nous ne saurons pas quelle faute aura t-il commis, mais mérite t-elle la peine capitale. Qui mérite la mise à mort ?

Ce dernier jour est horrible, trop vite passé. Les acteurs de cette mise à mort sont autour de ce condamné, soudain respectueux, craintif, ils vont lui voler sa vie, lui ôter ce que nous avons de plus cher.

Victor Hugo nous emmène dans les geôles, sales et impersonnelles, ou les condamnés, les célèbres comme les anonymes, essayent de laisser une trace de leur passage sur cette terre.

C'est poignant, mais c'est loin d'être de la fiction. La France n'a aboli la peine capitale qu'en 1981. Combien d'hommes et de femmes auront eu la tête tranchée pour un crime qu'ils auront commis ou pas. Victor Hugo nous délivre non pas une nouvelle, mais un cri de rage, de désespoir, contre la bêtise humaine.


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