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4 décembre 2012 2 04 /12 /décembre /2012 08:35

maitredesfilsEt si l'amour entre une mère et son fils pouvait devenir monstrueux ?
Et si notre société en faisait une arme contre elle-même, que resterait-il ?
Stéphane Gravier joue ici admirablement sur l’homographie du mot "fils" pour tisser une nouvelle effrayante.
On retrouve dans cette œuvre le style bien particulier de l'auteur du roman « Le secret de l'eau », avec ses images et ses métaphores poétiques et jamais gratuites, mais il a su condenser son récit, lui donner plus de nervosité pour nous tenir en haleine.
On ne sort pas indemne de cette lecture !

 

Avant de commencer cette chronique, je tiens à remercier Stéphane Gravier, l'auteur, pour ce partenariat.
Le maître des fils est un court roman, ou une nouvelle, dont le personnage principal est un petit garçon de dix ans qui vit seul avec sa mère dans un studio. Enfant solitaire, il vit un amour presque fusionnel avec sa maman. Vivant presque en reclus dans leur petit appartement, sa mère le quitte tous les soirs pour rentrer au matin.
Stéphane Gravier, dont l'écriture m'avait impressionné dans Bloody Valéria, propose un récit au texte acéré, à l'histoire trempé dans l'acide. Dans la tête de petit garçon, nous découvrons les horreurs d'une vie qui sous des joies artificielles, est à vomir. Ce petit garçon qui découvre en grandissant une mère malheureuse et subit les tortures des voisins, met au point un plan pour se venger et rendre à sa mère un semblant de bien-être. Mais le vernis est trop fin, et il découvre rapidement que la peine qu'elle s'inflige chaque nuit pour subvenir à son bébé est irrémédiable, même si tous les efforts sont mis en oeuvre.
Avec une grande justesse, l'auteur façonne son histoire pour nous donner miettes par miettes un gâteau rance et moisi, celui de la vie d'un petit garçon triste dont la mère est une... vous l'aurez compris, et le devinerez bien assez vite si vous le lisez... prostituée. Égrenant une histoire en traitant un thème par chapitre, nous découvrons tous les pans de cette vie qui vole en éclat avec la prise de conscience... Dix ans, c'est un âge important, un âge de transition.
L'atout de cette nouvelle réside dans une écriture froide, mais suffisamment vivante, glaciale et enfantine. Le travail sur la psychologie des personnages est intéressant et laisse penser que l'auteur connaît son sujet particulièrement bien.
Cette nouvelle est d'une grande qualité et je tiens à préciser que l'édition est impeccable, aucune faute ni erreur de syntaxe.
Enfin, je remercie Stéphane Gravier pour la découverte de sa dernière création.
 

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Published by Skritt - dans Nouvelles
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